Frelon asiatique vu de face sur une branche, face orange et antennes dressées
janvier 20, 2025

Grosse attaque de frelon asiatique

Par Guillaume Castagné

Une grosse attaque de frelon asiatique n’est jamais spontanée : Vespa velutina n’attaque en groupe que pour défendre son nid, lorsqu’une personne, une machine ou un animal s’en approche à moins de cinq mètres, le heurte ou le fait vibrer. Dans ces cas, des dizaines d’ouvrières sortent en quelques secondes et infligent des piqûres multiples, surtout au visage et aux mains. L’autre « grosse attaque » est celle que subissent les ruches : des frelons en vol stationnaire devant la planche d’envol capturent les abeilles une à une jusqu’à épuiser la colonie. Dans les deux cas, la parade est la même : repérer et faire détruire le nid par un professionnel avant l’automne.

L’essentiel

  • Un frelon asiatique isolé qui butine n’attaque pas ; l’attaque collective se produit à moins de 5 mètres d’un nid dérangé (tondeuse, taille-haie, élagage, choc).
  • Un nid compte 1 000 à 2 000 ouvrières au pic (Muséum) : les piqûres multiples et le venin projeté vers les yeux font la gravité.
  • Bilan Anses et Santé publique France 2014-2023 : 179 141 passages aux urgences et 256 décès pour piqûres d’hyménoptères, surtout par allergie.
  • Pendant une attaque : s’éloigner vite et loin en protégeant le visage, rentrer à l’abri, ne pas rester immobile ni agiter les bras.
  • Après : retirer les piqûres de la zone, froid, désinfection ; 15 ou 112 si gêne respiratoire, gonflement du visage, malaise ou plus d’une dizaine de piqûres.
  • Sur les ruches, les abeilles représentent un tiers à deux tiers des proies du frelon asiatique (MNHN, Villemant et al., 2011).

Grosse attaque de frelon asiatique : dans quelles circonstances ?

Le frelon asiatique à pattes jaunes, Vespa velutina nigrithorax, présent dans la quasi-totalité des départements métropolitains depuis son introduction en 2004, est un chasseur peu agressif envers l’homme tant qu’il est loin de sa colonie. Le Muséum national d’Histoire naturelle situe le danger réel à moins de cinq mètres du nid : les gardiennes réagissent aux vibrations, aux chocs sur le support et aux mouvements brusques. Les attaques massives que nous constatons surviennent presque toujours dans les mêmes situations : taille d’une haie ou d’un laurier abritant un nid à hauteur d’homme, élagage ou tronçonnage d’un arbre, tonte ou débroussaillage d’un talus, ouverture d’un volet roulant ou d’un abri contenant un nid, échelle posée contre une avancée de toit, ballon ou outil lancé contre un nid. Entre août et novembre, les colonies sont au maximum, avec 1 000 à 2 000 ouvrières présentes au pic, ce qui explique le nombre de piqûres.

Pourquoi ces attaques sont-elles dangereuses ?

Le venin du frelon asiatique n’est pas plus toxique que celui du frelon européen ; ce qui fait la gravité, c’est le nombre de piqûres, la localisation (visage, cou, bouche) et l’allergie. Le frelon asiatique a en plus la particularité de projeter du venin vers les yeux de l’intrus, ce qui provoque une irritation vive et impose une consultation. Le bilan de l’Anses et de Santé publique France sur les piqûres d’hyménoptères en France (2014-2023) recense 6 022 appels aux centres antipoison, 179 141 passages aux urgences et 256 décès en dix ans, soit environ 25 décès par an. La cause principale des décès est la réaction anaphylactique chez les personnes allergiques ; viennent ensuite les piqûres multiples lors d’une attaque de nid, les piqûres dans la bouche ou la gorge, et la fragilité des jeunes enfants et des personnes âgées.

SituationRisque d’attaque collectivePrécaution
Frelon isolé sur un fruit, une fleur, une terrasseTrès faibleNe pas l’écraser, s’éloigner calmement
Taille de haie, tonte, débroussaillage près d’un nid cachéÉlevéObserver 5 minutes le va-et-vient avant tout travail bruyant
Élagage, nacelle, échelle contre le support du nidTrès élevéFaire détruire le nid avant les travaux
Tentative de destruction par un particulierTrès élevéJamais : professionnel certifié Certibiocide

Que faire pendant une attaque de frelons ?

Le réflexe qui sauve est de partir vite, loin et en ligne droite, en protégeant le visage et les yeux avec les mains ou un vêtement, vers un abri fermé (maison, voiture). Les ouvrières poursuivent sur quelques dizaines de mètres, puis renoncent. Ne restez pas immobile en espérant passer inaperçu, n’agitez pas les bras, ne frappez pas les insectes et ne retournez pas chercher un outil. Une fois à l’abri, enlevez les vêtements où des frelons pourraient être restés et comptez les piqûres.

Que faire après une attaque : les gestes et quand appeler le 15

Les centres antipoison recommandent de désinfecter chaque piqûre, d’appliquer du froid, de prendre un antalgique et, si besoin, un antihistaminique. Guêpes et frelons gardent leur dard, il n’y a donc pas d’aiguillon à retirer, contrairement à l’abeille. Appelez le 15 ou le 112 sans attendre en cas de gêne respiratoire, de gonflement du visage ou de la gorge, de malaise, de piqûre dans la bouche, ou dès que les piqûres dépassent la dizaine, même sans symptôme immédiat. Les personnes allergiques connues utilisent leur stylo auto-injecteur d’adrénaline puis appellent les secours. Du venin dans les yeux se rince abondamment à l’eau claire avant une consultation.

Grosse attaque de frelons asiatiques sur une ruche

Pour les apiculteurs, la grosse attaque est un autre phénomène. Le frelon asiatique se poste en vol stationnaire devant la planche d’envol, capture les butineuses qui rentrent chargées, les dépèce pour nourrir ses larves, et plusieurs frelons se relaient ainsi toute la journée. L’étude du Muséum (Villemant et al., 2011) montre que les abeilles domestiques représentent environ un tiers des proies en milieu rural et jusqu’à deux tiers en milieu urbain. Les abeilles finissent par ne plus sortir, la colonie cesse de butiner, s’affaiblit et peut s’effondrer à l’automne. La protection des ruchers passe par la réduction des entrées, les dispositifs de protection de planche d’envol et, surtout, la localisation et la destruction des nids des environs, les ouvrières chassant dans un rayon de quelques centaines de mètres à un kilomètre.

Prévenir les attaques : trouver et faire détruire le nid

La seule prévention efficace est la destruction des nids actifs avant l’émergence des futures reines, en octobre-novembre, méthode que le Muséum juge la plus efficace ; le piégeage de printemps non sélectif capture surtout des insectes utiles et n’est pas recommandé hors des ruchers. Repérez le nid en suivant, en fin de journée, les trajets des ouvrières vers un point fixe : cime d’un arbre, avancée de toit, haie, mur creux, caisson de volet. Signalez-le à la mairie ou à la plateforme de votre département (FREDON, GDS apicole, Muséum) et faites-le traiter par un technicien titulaire du Certibiocide, qui injecte un insecticide professionnel à la perche télescopique ou en nacelle, en fin de journée. Comptez généralement 80 à 150 € (fourchette MAIF), 150 à 300 € pour un nid à plus de 15-20 mètres. La loi n° 2025-237 du 14 mars 2025 organise un plan national de lutte décliné par département, sans créer d’aide nationale pour les particuliers ; certaines collectivités remboursent une partie de la facture.

Sur le terrain avec ALLO FRELONS

Les attaques massives dont nos techniciens entendent parler chaque automne ont presque toutes la même origine : un nid de frelons asiatiques à hauteur d’homme, dans une haie ou sous un abri, dérangé par un taille-haie ou une tondeuse. Le nid était là depuis des semaines, personne ne l’avait vu. Nous constatons aussi des piqûres multiples chez des particuliers qui ont voulu « finir le travail » à la bombe après une première alerte. Notre conseil : de juin à novembre, avant tout travail bruyant près d’une haie, d’un arbre ou d’une toiture, prenez cinq minutes pour observer les allées et venues ; un trafic régulier vers un même point signifie qu’il faut faire traiter avant de couper.

Questions fréquentes

Le frelon asiatique attaque-t-il sans raison ?

Non. Loin de son nid, un frelon asiatique qui butine ou chasse n’attaque pas. L’attaque collective est une défense du nid, déclenchée par une approche à moins de cinq mètres, des vibrations ou un choc.

Que faire si des frelons asiatiques m’attaquent ?

Fuir vite, loin et en ligne droite, visage protégé, jusqu’à un abri fermé. Ne pas rester immobile ni frapper les insectes. Ensuite, froid et désinfection ; appeler le 15 si gêne respiratoire, gonflement du visage, malaise ou plus d’une dizaine de piqûres.

Combien de piqûres de frelon asiatique sont dangereuses ?

Une seule peut suffire chez une personne allergique. Pour tout le monde, les centres antipoison demandent une prise en charge en urgence au-delà d’une dizaine de piqûres ou en cas de piqûre dans la bouche ou la gorge.

Sources : Anses et Santé publique France, bilan des piqûres d’hyménoptères 2014-2023 ; Santé publique France, « ce frelon asiatique qui fait si peur : quoi de neuf en urgence ? » ; Muséum national d’Histoire naturelle (fiche Vespa velutina, INPN ; Villemant et al., 2011 ; étude de 77 colonies, Rome et al.) ; recommandations des centres antipoison ; loi n° 2025-237 du 14 mars 2025 ; MAIF (coût d’une destruction de nid).

Article mis à jour en octobre 2026.

Dernière modification le octobre 18, 2026 par Guillaume Castagné