Destruction des nids de frelons asiatiques au fusil de chasse : faisabilité, réglementations et risques
La réponse est simple : Non, il n’est pas recommandé de détruire un nid de frelons asiatiques au fusil de chasse en France. Cette méthode est explicitement interdite par la charte nationale de bonnes pratiques, inutile sur le plan opérationnel, dangereuse pour les personnes et l’environnement, et peut même être contreproductive en dispersant les frelons et provoquant une délocalisation du nid. Seuls les professionnels certifiés sont autorisés à intervenir, utilisant des méthodes éprouvées et encadrées réglementairement.
Statut réglementaire : une interdiction formelle
Interdiction dans la charte nationale des bonnes pratiques
Depuis la mise en place du plan national de lutte contre le frelon asiatique, la destruction à l’aide d’armes à feu est explicitement proscrite. L’article 9 de la charte de bonnes pratiques stipule que « les destructions à l’aide d’arme à feu, lance à eau, flèches ou autre méthode pouvant favoriser la dispersion des individus et la délocalisation du nid, ainsi que le paintball, sont interdits ». Cette interdiction s’applique aux désinsectiseurs professionnels référencés et, par extension, aux particuliers.
Plusieurs chartes régionales renforcent cette interdiction. En Normandie, la charte des bonnes pratiques précise que « sont interdites les destructions par armes à feu, pistolet insecticide sans visée laser, paintball et lance à eau ». Cette position est partagée par d’autres collectivités, notamment la Loire, où les autorités précisent que « l’utilisation du paintball (avec drone ou fusil), ou autre méthode susceptible de fragmenter le nid ou d’occasionner la dispersion des frelons asiatiques, est interdite ».
Évolution légale récente : obligation de faire intervenir un professionnel
Depuis mars 2025, une nouvelle loi impose un cadre beaucoup plus strict. Le décret n°2025-320 institue l’obligation légale de déclarer tout nid de frelon asiatique et impose l’intervention obligatoire d’un professionnel certifié dans un délai de 7 jours. Cette loi transforme ce qui était auparavant une recommandation en obligation légale, avec des amendes en cas de non-signalement ou de destruction illégale.
Raisons opérationnelles de l’inefficacité : pourquoi le fusil ne fonctionne pas
Le problème du nid vide : la reine s’envole
L’un des problèmes majeurs de la destruction au fusil est que cette méthode n’élimine pas la reine, qui constitue le cœur de la colonie. Plusieurs sources officielles, dont la Préfecture de la Vienne et celle de la Haute Vienne, rappellent qu’« en tirant dans un nid, si vous visez juste, vous le détruirez certes, mais il est peu probable que les frelons soient tués, eux ». Plus précisément, tirer au fusil détruit le nid physiquement mais ne tue pas systématiquement la reine, qui peut s’envoler lors de l’attaque.
Selon certains experts en désinsectisation, « tirer dedans va détruire le nid, mais la reine s’envolera et pourra confectionner un autre nid 200 à 300 mètres plus loin, 10 ou 15 jours après ». Cette délocalisation est exactement ce que les protocoles professionnels visent à éviter, car elle multiplie les problèmes : dispersion des reines fécondes, création de nids satellites à proximité, et prolongement de la saison de menace.
Obligation de résultat : la mauvaise destruction entraîne des frais supplémentaires
La prestation de destruction de nids est soumise à une obligation de résultat légalement contraignante pour les professionnels. Cela signifie que « la mauvaise destruction du nid entraîne une délocalisation de la colonie (reconstruction d’un nid à proximité immédiate du nid détruit) ou la recolonisation d’un nid traité non décroché ». En cas d’échec, l’opérateur est obligé de réintervenir sans frais supplémentaires pour le client. C’est en tout cas la garantie que l’on propose chez ALLO FRELONS depuis nos débuts en 2006.
Si un particulier tentait cette méthode et échouait, il se retrouverait face à une colonie disséminée, sans recours légal ni professionnel engagé pour corriger le problème.
Risques de sécurité et dangers
Dispersion agressive des frelons et augmentation des piqûres
La destruction au fusil provoque la dispersion agressive des frelons. Contrairement aux traitements professionnels qui neutralisent la colonie dans le nid avant la fuite, le tir au fusil les affole et les rend hyper-agressifs. Le bruit, l’impact et la destruction physique du nid constituent une menace perçue, déclenchant un protocole d’attaque collective. Certains frelons peuvent attaquer jusqu’à 5à mètres en cas de danger pour eux.
Les sources professionnelles avertissent que « le mélange eau bouillante + liquide vaisselle n’extermine pas la colonie : il éclabousse, brûle l’opérateur, laisse la reine indemne, et rend les frelons furieux ». Cette description s’applique tout aussi bien au fusil : l’impact crée une situation chaotique où les frelons deviennent imprévisibles et extrêmement agressifs.
Risques de piqûres et complications allergiques
Bien que les frelons asiatiques ne soient généralement pas plus dangereux que d’autres hyménoptères en conditions normales, une attaque en masse due à une destruction maladroite peut entraîner des piqûres multiples et graves. La piqûre du frelon asiatique peut provoquer des complications graves, voire la mort, en particulier chez les personnes allergiques ou immunodéficientes. En France, on dénombre chaque année une dizaine de victimes.
Les protocoles professionnels minimisent ce risque en intervenant la nuit (quand tous les frelons sont au nid), en utilisant des protections intégrales, et en neutralisant chimiquement la colonie avant toute exposition.
En cas de piqûre de frelons, voici les gestes d’urgence
Bruit et sécurité publique
Tirer au fusil dans un cadre résidentiel ou semi-résidentiel présente des risques de sécurité supplémentaires : bruit des détonations, risque de ricochet, retombée des plombs sur les zones résidentielles. Le protocole expérimental de Denis Jaffré, un apiculteur qui avait popularisé cette méthode il y a quelques années, exigeait une coordination très précise avec « un compte à rebours donné au premier tireur, les suivants s’enchaînant sans interruption » et l’utilisation de « bouchons auriculaires individuels pour se protéger du bruit ».
Problèmes environnementaux : contamination au plomb
Dispersion massive de grenaille de plomb
La méthode du fusil disperse environ 12 000 plombs de différents diamètres sur la zone. Cette grenaille reste dans l’environnement pendant des décennies. En Espagne, où la grenaille de plomb est interdite depuis 2001, on observe dans certaines zones encore en 2014 une densité de 97 à 266 grenailles de plomb par mètre carré dans les 20 premiers centimètres de sédiments.
À l’échelle nationale, la pollution est massive : 2 000 tonnes de plomb sont disséminées en France chaque année par les ball-trap, et 6 000 tonnes supplémentaires par la chasse. Le plomb dispersé dans les sols et sédiments n’est pas chimiquement inerte et peut être converti en oxydes et carbonates de plomb toxiques.
Toxicité et bioaccumulation
Le plomb est un poison qui affecte la plupart des fonctions de l’organisme, avec des effets négatifs sur la santé générale, la reproduction et le comportement. L’accumulation de grenailles de plomb dans la nature contamine les ressources en eau et les sols. Une étude en Espagne sur les sites de tir a montré des concentrations de plomb dans l’eau bien supérieures aux normes environnementales : 41,9–838 µg/L contre 7,4 µg/L dans les zones témoins.

Le plomb peut également migrer vers d’autres compartiments environnementaux : une étude sur des cultures de fèves et tomates a montré un transfert du métal contaminé vers le système racinaire.
Mortalité faunistique liée au plomb
Selon l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA), un à deux millions d’oiseaux meurent chaque année d’intoxication au plomb par saturnisme aviaire, soit en picorant les grenailles, soit en se nourrissant d’animaux intoxiqués. Les rapaces carnivores sont particulièrement vulnérables, car ils accumulent le plomb des chaînes alimentaires. Cette mortalité s’ajoute aux problèmes écologiques existants (perte d’insectes pollinisateurs, prédation des abeilles).
Contexte historique : l’expérience de Denis Jaffré et ses limites
La méthode développée en 2014
Denis Jaffré, un apiculteur finistérien, a développé et popularisé une méthode de destruction au fusil en 2014, présentée à l’époque comme « 100% efficace et 100% bio ». Le protocole utilise cinq tireurs minimum, chacun tirant deux cartouches avec des plombs de numéros différents (du n°1-2 au n°10-12) pour un total d’environ 12 000 plombs.
Bien que cette méthode ait permis de détruire un nid spécifique en 2015 à Plouescat (Finistère), avec un nid de près d’un mètre de diamètre contenant jusqu’à 2 000 frelons, elle présente plusieurs problèmes importants :
- Elle n’a jamais été scientifiquement validée comme supérieure aux méthodes professionnelles
- Elle n’élimine pas la reine de manière systématique
- Elle crée des risques environnementaux majeurs (contamination au plomb)
- Elle est désormais explicitement interdite par la réglementation nationale
Repositionnement officiel en 2023-2025
À partir de 2023, même les sources ayant initialement promu cette méthode ont changé de position. Ainsi, un site dédié au tir sportif reconnaît que « bien que l’objectif ait été atteint, cette méthode reste controversée et ne peut être recommandée qu’à titre exceptionnel et dans des conditions très spécifiques ». Les autorités précisent que « même si la destruction du nid a été parfaite grâce à ce protocole, à cette date, (fin octobre) il est donc déjà tard pour assurer une destruction complète de la population ».
Méthodes professionnelles recommandées
Destruction mécanique des nids primaires
Pour les nids primaires (mars à juin), de petite taille et situés à moins de 5 mètres, la destruction mécanique est préconisée. Elle consiste à envelopper le nid ou à l’aspirer après avoir isolé la zone et mis en place des protections. C’est la méthode employée chez ALLO FRELONS dès que c’est possible.
Utilisation de biocides pour les nids secondaires
Pour les nids secondaires (juillet à octobre), la destruction par biocides est la méthode standard. Les professionnels utilisent des pyrèthres naturels injectés via des perches télescopiques ou des drones pouvant atteindre 30 à 40 mètres de hauteur. Le pyrèthre naturel est privilégié car il a une rémanence plus courte que la perméthrine et nécessite moins de décrocher le nid après traitement. L’utilisation d’appareils spécifiques Vespikill est recommandé pour n’injecter que la bonne dose.
Obligation de certification et d’assurance
Les entreprises intervenant doivent être déclarées, justifier d’un certificat biocide (Certibiocide), souscrire une assurance en responsabilité civile couvrant les dommages aux tiers, et respecter un protocole strict incluant les travaux en hauteur et le confinement du public.
Responsabilités et coûts
Quelles obligations depuis mars 2025 ?
Depuis mars 2025, la loi institue des plans de lutte obligatoires aux niveaux national et départemental et organise la procédure de signalement des nids par les propriétaires. Cependant, la loi elle-même ne fixe pas d’obligation pour la destruction. Les obligations et délais spécifiques (7, 10, 15 jours) proviennent d’arrêtés municipaux ou préfectoraux locaux variés, et restent facultatifs au niveau national jusqu’à présent. Le décret du 29 décembre 2025 ne précise aucune règle unifiée au niveau national.
Coûts standards
Le tarif standard pour une destruction par un professionnel varie entre 90 et 150 euros pour une intervention classique, comprenant le déplacement et la destruction complète du nid avec garantie (ré-intervention gratuitement si le nid reste actif 7 jours après, selon la loi). Pour les nids en hauteur nécessitant une nacelle ou un cordiste, le coût peut atteindre plusieurs centaines d’euros.
Destruction de nid de frelons et guêpes : tarifs des interventions
Le fusil apparaît économiquement attrayant (« quelques dizaines d’euros »), mais cette économie initiale peut être ruineuse si le nid se délocalise et nécessite plusieurs interventions professionnelles pour être traité correctement.
Erreurs à éviter absolument
Les autorités listent plusieurs méthodes interdites ou dangereuses à proscrire absolument :
- Tir au fusil : dispersion agressive, délocalisation du nid
- Eau bouillante ou jet haute pression : inefficace, risque d’ébouillantage
- Feu ou chalumeau : incendie, frelons incandescents en fuite
- Pétards ou fumigènes : excitation sans létalité, poursuite jusqu’à 30 mètres
- Aérosols insecticides domestiques : paroi mouillée provoque attaque collective
- Mousse expansive : colonie fore vers l’intérieur du bâtiment
- Aspiration avec appareil ménager : sac transformé en « bombe vivante »
Toutes ces méthodes partagent un point commun : elles affolent les frelons sans les éliminer et favorisent la délocalisation du nid.
Conclusion
Tirer au fusil sur un nid de frelons asiatiques est une pratique désormais interdite, opérationnellement contre-productive, dangereuse pour la sécurité publique et l’environnement, et légalement soumise à des sanctions depuis 2025. Bien que controversée, l’unique expérience documentée (Denis Jaffré, 2014-2015) a montré des risques majeurs : contamination au plomb environnementale, risques de dispersion et de délocalisation, complexité opérationnelle extrême.
En tant qu’entrepreneur spécialisé en destruction de nids à travers votre entreprise ALLO FRELONS, nous savons que les méthodes professionnelles certifiées (perches télescopiques, biocides agréés, obligation de résultat) offrent une bien meilleure efficacité, une garantie légale et une protection de l’environnement. Les autorités nationales, régionales et départementales s’alignent progressivement sur ces protocoles, et la loi de mars 2025 renforce encore cette orientation en rendant obligatoire l’intervention professionnelle.
Conseiller une destruction au fusil serait non seulement contraire aux bonnes pratiques, mais pourrait aussi exposer le professionnel à des risques légaux et environnementaux considérables.
Dernière modification le janvier 13, 2026 par Guillaume Castagné

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