Nid de frelons asiatiques suspendu dans les branches d'un noyer en automne
janvier 5, 2025

Nid de frelon asiatique dans un arbre

Par Guillaume Castagné

Un nid de frelon asiatique dans un arbre est presque toujours un nid secondaire : un ballon de papier beige, sphérique à ovale, avec une petite entrée sur le côté, suspendu à une branche haute entre juillet et novembre. Il peut atteindre 60 à 80 cm de haut en fin de saison et abriter 1 000 à 2 000 ouvrières au pic, souvent à plus de 15 mètres du sol, caché par le feuillage jusqu’à l’automne. Il ne se traite jamais soi-même : un professionnel titulaire du Certibiocide injecte un insecticide avec une perche télescopique ou depuis une nacelle, de préférence en fin de journée.

L’essentiel

  • Forme : ballon ou poire de papier beige-brun, entrée latérale, jusqu’à 60-80 cm de haut et 40-50 cm de large.
  • Hauteur : le plus souvent dans la cime d’un feuillu (chêne, peuplier, platane, noyer, acacia), parfois à plus de 15 m ; aussi dans les haies et les conifères.
  • Découverte : généralement à la chute des feuilles, en octobre-novembre, quand la colonie est à son maximum ou déjà en déclin.
  • Danger : à moins de 5 mètres du nid, et à chaque vibration (tondeuse, taille-haie, tronçonneuse, élagage).
  • Prix d’une destruction en grande hauteur : 150 à 300 euros, contre 80 à 150 euros pour un nid accessible (fourchettes MAIF et devis courants).
  • Un nid n’est jamais réutilisé ; il tombe en lambeaux pendant l’hiver.

À quoi ressemble un nid de frelon asiatique dans un arbre ?

Le frelon asiatique à pattes jaunes (Vespa velutina nigrithorax) construit deux nids par an. Le nid primaire, de la taille d’une orange à une balle de tennis, est bâti au printemps par la fondatrice dans un abri : auvent, cabanon, nichoir, caisson. Quand la colonie dépasse quelques centaines d’ouvrières, entre mai et juillet, elle déménage le plus souvent vers un nid secondaire, construit à découvert et en hauteur. C’est celui que l’on découvre dans les arbres.

Ce nid secondaire est fait de fibres de bois mâchées, disposées en écailles beiges, brunes et grises. Il est fermé par une enveloppe à couches multiples, percée d’une seule entrée latérale, ce qui le distingue du nid de frelon européen, logé dans une cavité et ouvert vers le bas. Les ouvrières l’agrandissent jusqu’en octobre : un nid de fin de saison fait couramment 50 cm de diamètre et davantage. Selon l’étude du Muséum national d’Histoire naturelle portant sur 77 colonies, il produit en cumulé jusqu’à 13 000 individus et plusieurs centaines de futures reines.

Pourquoi ne le voit-on qu’en automne ?

Un nid bâti en juin dans la cime d’un chêne ou d’un platane est invisible sous le feuillage, et le va-et-vient des ouvrières, à 15 ou 20 mètres de hauteur, passe inaperçu. Beaucoup de propriétaires vivent tout l’été sous un nid sans le savoir ; ils le découvrent en octobre-novembre, lorsque les feuilles tombent. À ce moment, la colonie est à son maximum ou commence à décliner : les futures reines quittent le nid de septembre à novembre pour hiberner, puis la colonie meurt avec le froid, entre novembre et décembre.

Un nid repéré en plein hiver, dans un arbre nu, est donc en principe vide. Il n’y a plus rien à détruire ; le vent, la pluie et les oiseaux (mésanges, pies) s’en chargent. En revanche, un nid repéré en septembre ou octobre mérite une intervention rapide, car c’est précisément la période où il libère ses reines.

Quels arbres et quelles hauteurs ?

Les nids se trouvent de préférence dans les grands feuillus isolés ou en lisière : chênes, platanes, peupliers, noyers, tilleuls, robiniers, mais aussi dans les conifères, les haies de lauriers et les bambous. Le Muséum note que les nids secondaires sont le plus souvent en hauteur dans un arbre, parfois à plus de 15 mètres, mais qu’on en trouve aussi dans des haies à hauteur d’homme, des ronciers ou des buissons près de l’eau. Un nid bas, dans une haie, est le plus dangereux pour le jardinier, car on ne le voit qu’au dernier moment, au bout du taille-haie.

Situation du nidRisque pour les occupantsTechnique de destructionCoût indicatif
Haie ou buisson, moins de 3 mÉlevé : taille, tonte, passage des enfantsInjection directe, retrait du nid80 à 150 €
Arbre de jardin, 3 à 10 mModéré, sauf sous le nidPerche télescopique depuis le sol100 à 200 €
Cime d’un grand arbre, plus de 15 mFaible au quotidien, élevé lors d’un élagagePerche de 20-30 m, nacelle ou grimpeur-élagueur150 à 300 €
Arbre nu en hiver, nid videNulAucune ; retrait possible si le nid gêneSans objet

Quels sont les risques d’un nid de frelon asiatique dans un arbre ?

Loin du nid, le frelon asiatique isolé qui butine ou chasse n’est pas agressif. Le danger apparaît à moins de 5 mètres du nid, et surtout à la moindre vibration transmise au support : tondeuse sous l’arbre, taille-haie, tronçonneuse, élagage, ballon dans les branches. Les ouvrières sortent alors en nombre et piquent plusieurs fois ; le frelon asiatique peut aussi projeter du venin vers les yeux. Le bilan de l’Anses et de Santé publique France sur 2014-2023 rappelle que les piqûres d’hyménoptères provoquent environ 25 décès par an en France, principalement par réaction allergique ou piqûres multiples.

Le nid pèse aussi sur l’environnement proche : les ouvrières chassent dans un rayon de quelques centaines de mètres à 1 kilomètre, et les abeilles domestiques représentent environ un tiers de leurs proies en milieu rural (Villemant et al., 2011).

Que faire quand on découvre le nid ?

  1. Éloignez-vous et balisez un périmètre de 5 à 10 mètres ; interdisez la tonte, la taille et les jeux sous l’arbre.
  2. Photographiez le nid depuis le sol, au zoom, et notez sa hauteur approximative : le professionnel choisira sa perche ou une nacelle.
  3. Signalez-le à la mairie ou sur la plateforme de signalement de votre département : utile pour la surveillance de l’espèce, mais sans destruction gratuite à la clé.
  4. Faites appel à un professionnel titulaire du Certibiocide. Il intervient le plus souvent en fin de journée, quand les ouvrières sont rentrées, injecte un insecticide dans le nid et, si possible, le retire.
  5. Ne tentez rien vous-même : jet d’eau, bombe aérosol, perche de fortune ou feu sont les scénarios typiques des piqûres multiples.

La loi n° 2025-237 du 14 mars 2025 a créé un plan national de lutte décliné par département, mais la destruction d’un nid sur une propriété privée reste à la charge du propriétaire, sauf aide locale : certaines communes ou intercommunalités remboursent une partie de la facture d’un professionnel certifié. Renseignez-vous avant l’intervention. Pour l’ensemble des gestes à adopter dans le jardin, vous pouvez consulter notre guide sur l’élimination des frelons dans un jardin.

Prévenir un nouveau nid l’année suivante

Le nid ne sera pas réoccupé, mais les reines qui en sont sorties hibernent dans les environs et fonderont de nouveaux nids dès mars-avril. Inspectez alors les abris du jardin (cabanon, auvent, nichoirs, caissons de volets) pour repérer les nids primaires, faciles et peu coûteux à traiter. Le piégeage de printemps non sélectif n’est pas recommandé par le Muséum ni par l’ITSAP, car il capture surtout des insectes utiles. Sensibilisez aussi les voisins et les jardiniers aux dangers du frelon asiatique et aux moyens de les éviter avant les travaux d’élagage, qui sont la première cause d’accidents graves autour des nids en hauteur.

Sur le terrain avec ALLO FRELONS

Dans notre réseau, la majorité des nids dans les arbres nous sont signalés entre fin septembre et mi-novembre, au moment où les feuilles tombent ; une bonne partie d’entre eux était là depuis juillet. Nos techniciens travaillent à la perche télescopique depuis le sol jusqu’à 20 à 30 mètres et font appel à une nacelle ou à un grimpeur au-delà, ce qui explique les écarts de prix. L’accident que nous redoutons le plus est l’élagueur ou le jardinier qui attaque une branche sans avoir repéré le nid : prévenez toujours l’entreprise d’élagage. Notre conseil : avant toute taille d’automne, faites le tour de l’arbre à distance avec des jumelles.

Questions fréquentes

Comment reconnaître un nid de frelon asiatique dans un arbre ?

C’est un ballon de papier beige-brun, souvent de 40 à 80 cm, avec une petite entrée sur le côté, suspendu à une branche, et un va-et-vient régulier de frelons sombres à pattes jaunes. Le nid de frelon européen, lui, est dans une cavité et ouvert vers le bas.

Faut-il détruire un nid de frelon asiatique dans un arbre en hiver ?

Non : la colonie est morte, les futures reines sont parties et le nid ne sera jamais réutilisé. Il se dégrade seul. On ne le retire que s’il gêne, par exemple au-dessus d’une terrasse.

Qui paie la destruction d’un nid dans un arbre ?

Le propriétaire du terrain, sauf aide locale. Sur le domaine public, la commune prend en charge. Vérifiez auprès de votre mairie s’il existe un remboursement partiel sur facture d’un professionnel certifié.

Sources : Muséum national d’Histoire naturelle (fiche Vespa velutina, INPN ; Rome et al., 77 colonies ; Villemant et al., 2011) ; Anses et Santé publique France (bilan des piqûres d’hyménoptères 2014-2023) ; loi n° 2025-237 du 14 mars 2025 ; ITSAP-Institut de l’abeille (piégeage) ; MAIF (fourchette de prix de destruction d’un nid).

Article mis à jour en octobre 2026.

Dernière modification le octobre 18, 2026 par Guillaume Castagné