Pourquoi les premières ouvrières de frelons asiatiques sont-elles petites ?

Frelons asiatique, Vespa velutina : la cassure de croissance chez le frelon asiatique. Depuis de nombreuses années qu’ALLO FRELONS intervient sur des nids de frelons asiatiques, nous avons remarqué que les premières ouvrières nées au printemps sont souvent de petite taille. La littérature scientifique et certaines études évoquaient déjà cela: Aujourd’hui nous vous donnons une explication logique à ce fait régulièrement observé.

Le frelon asiatique, ou Vespa velutina, est une espèce envahissante qui pose un défi significatif pour la biodiversité locale (surtout en ce qui concerne la prédation déséquilibrée des insectes dits sociaux). Un aspect notable de son cycle de vie est la “cassure de croissance” observée au printemps, où l’on constate une différence marquée dans la taille des individus présents dans les nids ou piégés dans les pièges sélectifs (même si, nous le répétons, le piégeage n’a encore montré scientifiquement aucun impact sur les populations de frelons asiatiques, et qu’il peut se révéler néfaste sur les insectes non-cibles. Mais cela reste aussi à prouver par des études).

Qu’est-ce que la cassure de croissance chez le frelon asiatique ?

La cassure de croissance fait référence à la période durant laquelle les premières ouvrières, beaucoup plus petites que les fondatrices, commencent à apparaître.

Les fondatrices, mesurant environ 28 mm, sont les premiers membres du nid et ont la tâche de construire le nid, chasser, pondre et s’occuper des larves. Cette charge de travail intense limite les ressources disponibles pour les larves, ce qui a un impact direct sur la taille des ouvrières émergentes.

Pourquoi les premières ouvrières sont-elles si petites ?

Les premières ouvrières sont significativement plus petites que les fondatrices, souvent mesurant moins de 20 mm, en raison des contraintes énergétiques imposées par la fondatrice.

image 41 924x1024 - Pourquoi les premières ouvrières de frelons asiatiques sont-elles petites ?
Ouvrière de printemps en haut, fondatrice en bas (source: Facebook, Isabelle Garnier)

Au début du cycle de vie du nid, la fondatrice doit assumer toutes les responsabilités, de la construction du nid à l’alimentation des larves. Les ressources étant limitées, les larves ne reçoivent pas suffisamment de nourriture pour atteindre la taille maximale potentielle. Cela résulte en des ouvrières de première génération plus petites, avec une taille réduite visible.

L’impact sur le contrôle des populations

La stratégie publique officielle actuelle de contrôle suggère de cesser le piégeage après la capture de ces premières ouvrières. Cependant, cette approche ne prend pas en compte plusieurs facteurs clés, tels que la présence de multiples fondatrices et les variations climatiques qui peuvent influencer l’efficacité du piégeage.

La petite taille des premières ouvrières peut leur permettre de toute façon de passer entre les mailles des pièges dits sélectifs, et d’en ressortir.

Les théories du piégeage en question

Il est crucial de rester informé et d’adapter les stratégies de contrôle en fonction des dernières recherches et observations. De nombreuses théories précédentes se sont avérées incorrectes, soulignant la nécessité d’une approche flexible et basée sur des données probantes.

Il semble y avoir un consensus parmi les piégeurs sur l’importance continue du piégeage sélectif des frelons asiatiques pour protéger les populations d’abeilles. La logique mathématique est claire : chaque frelon piégé représente un frelon en moins pour s’attaquer aux abeilles (protection des ruchers).

En poursuivant le piégeage, on peut ralentir la croissance des nids, ce qui peut conduire à des colonies moins importantes en fin de saison. Cela, espérons-le, pourrait réduire la pression exercée par les frelons asiatiques sur les ruchers.

Bien que certaines voix suggèrent d’arrêter le piégeage, arguant que les nids grossiront de toute façon, la stratégie de continuer le piégeage semble mieux alignée sur la protection des abeilles et de la biodiversité locale (hyménoptères solitaires, diptères, papillons, etc…).

En fin de compte, une approche proactive et persévérante semble être la meilleure voie à suivre dans la lutte contre les frelons asiatiques.

Gestion du frelon asiatique

La gestion du frelon asiatique nécessite une compréhension approfondie de son écologie et de son comportement. La cassure de croissance est un indicateur important qui pourrait jouer un rôle crucial dans l’élaboration de méthodes de contrôle plus efficaces. Il est essentiel de continuer à observer et à ajuster les stratégies pour protéger efficacement notre biodiversité.

Chez ALLO FRELONS, nous encourageons tous ceux qui sont engagés dans cette lutte importante pour la biodiversité à persévérer.

La nature tendra de toute façon vers de nouveaux équilibres, mais les insectes sont de plus en plus fragiles (à cause de l’utilisation massive des insecticide, de la fragmentation et de la disparition des habitats, etc…), et si nous pouvons les aider, essayons de trouver des solutions pour leur permettre d’atteindre plus facilement cette résilience.

Last Updated on juin 13, 2024 by Castagné Guillaume

Publié par Castagné Guillaume

Désinsectiseur spécialisé en guêpes et frelons depuis 2006. Depuis bientôt 20 ans, Guillaume apporte son analyse d'expert sur tous les sujets liés aux nuisibles

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error

ALLO FRELONS vous plaît ? Rejoignez la communauté sur les réseaux sociaux

YouTube
YouTube
Instagram