Essaim d'abeilles domestiques accroché au mur en parpaings d'une maison
décembre 20, 2024

Chasser les abeilles de la maison

Par Guillaume Castagné

Chasser les abeilles de la maison ne se fait jamais avec un insecticide : une abeille isolée dans une pièce se guide vers la lumière et sort seule par une fenêtre ouverte, un essaim posé sur la façade repart ou se récupère gratuitement par un apiculteur en 24 à 72 heures, et une colonie installée dans un mur, un comble ou une cheminée doit être déplacée par un apiculteur ou un professionnel équipé. L’abeille domestique (Apis mellifera) n’est pas une espèce protégée au sens de la loi, mais sa destruction reste le tout dernier recours, réservé aux colonies inaccessibles et dangereuses.

L’essentiel

  • Identifiez d’abord l’insecte : abeille (corps velu, brun-orangé), guêpe (jaune vif et noir, lisse) ou frelon (plus gros, roux ou noir à pattes jaunes) : la conduite à tenir change du tout au tout.
  • Une abeille entrée par hasard : éteignez la lumière, ouvrez grand la fenêtre, elle ressort seule en quelques minutes.
  • Un essaim (grappe de 10 000 à 30 000 abeilles) reste quelques heures à 2-3 jours : appelez un apiculteur ou un syndicat apicole, la récupération est le plus souvent gratuite.
  • Une colonie installée dans la maçonnerie, le comble ou la cheminée : ne bouchez jamais l’entrée, les abeilles chercheraient une issue vers l’intérieur.
  • Les répulsifs naturels (fumée, café, huiles essentielles) découragent des visites ponctuelles, pas une colonie établie.
  • Prévention : grillage sur la cheminée, joints et fissures rebouchés en hiver, hors saison d’essaimage.

Abeille, guêpe ou frelon : vérifier avant de chasser

Sur le terrain, une bonne partie des appels pour « des abeilles dans la maison » concernent en réalité des guêpes communes ou des polistes, et parfois des frelons. L’erreur n’est pas anodine : on ne gère pas une colonie d’abeilles comme un nid de guêpes. Prenez trente secondes pour observer l’insecte à distance.

InsecteAspectNidQui appeler
Abeille domestique12-15 mm, corps velu brun-orangé, rayures ternesRayons de cire jaune, dans une cavité (mur, cheminée, comble)Apiculteur, syndicat apicole
Guêpe commune ou germaniqueJaune vif et noir, corps lisse, taille finePapier gris, dans le sol, un caisson de volet, un combleDésinsectiseur certifié
Frelon européen18-25 mm, tête et thorax roux, abdomen jaune rayéCavité (cheminée, arbre creux, comble)Désinsectiseur certifié
Frelon asiatique17-26 mm, thorax noir, pattes jaunes, bande orangéeBoule de papier beige, entrée latérale, souvent en hauteurDésinsectiseur certifié

Si vous reconnaissez des guêpes, la lecture utile est plutôt notre guide sur comment éloigner les guêpes avec des répulsifs naturels ; pour des frelons, voyez comment éliminer les frelons dans un jardin. Le reste de cet article concerne les abeilles.

Pourquoi des abeilles entrent-elles dans la maison ?

Trois situations très différentes se cachent derrière la même question.

  • Des butineuses égarées. Une ou deux abeilles par jour, attirées par une fenêtre ouverte, une plante fleurie sur le rebord, un pot de confiture ou une lampe allumée le soir. Elles n’ont aucune intention de rester.
  • Un essaim de passage. D’avril à juin, une grappe compacte de plusieurs milliers d’abeilles se pose sur un volet, une gouttière, un angle de façade. Les éclaireuses cherchent un logement définitif ; la grappe reste de quelques heures à deux ou trois jours.
  • Une colonie installée. Un va-et-vient régulier au même trou (joint de fenêtre, dessous de tuile, conduit de cheminée, aération), un bourdonnement dans la cloison, parfois des coulures de miel ou des taches sur le plafond en été. Là, les abeilles ont construit des rayons et la reine pond : elles ne partiront pas seules.

Chasser des abeilles de la maison avec une bombe aérosol est inutile dans le premier cas, dangereux dans le deuxième et contre-productif dans le troisième.

Une abeille isolée dans une pièce : les gestes qui marchent

Une abeille entrée par erreur cherche la lumière. Éteignez les lampes, fermez les portes vers les autres pièces, ouvrez en grand la fenêtre la plus éclairée et attendez : elle sort généralement en moins de dix minutes. Si elle s’épuise contre la vitre, posez un verre dessus, glissez une feuille de papier dessous et relâchez-la dehors. Si le phénomène se répète chaque jour aux mêmes heures, cherchez un point d’entrée régulier sur la façade ou dans la cheminée : une colonie est probablement installée dans le bâti.

Un essaim posé sur la façade ou le volet

Un essaim est une colonie en déménagement : une reine et 10 000 à 30 000 ouvrières gorgées de miel, donc peu agressives tant qu’on ne les secoue pas. Le bon réflexe est simple : fermez les fenêtres du côté concerné, éloignez enfants et animaux, et appelez un apiculteur (syndicat apicole départemental, rucher-école, mairie). La plupart récupèrent l’essaim gratuitement, souvent le jour même, en le faisant tomber dans une ruchette. N’arrosez pas la grappe et ne pulvérisez rien dessus : vous obtiendriez des milliers d’abeilles désorientées au lieu d’une grappe calme. Si personne n’est disponible, l’essaim repart de lui-même dans la majorité des cas en moins de 72 heures.

Une colonie installée dans un mur, un comble ou une cheminée

C’est le cas le plus délicat. Les abeilles occupent une cavité du bâti, y ont bâti des rayons et stocké du miel. Trois règles :

  1. Ne bouchez jamais l’entrée. Privées de sortie, les abeilles suivent la lumière à travers la moindre fente (prises, spots encastrés, trappe de comble) et débouchent dans la maison par dizaines.
  2. N’injectez pas d’insecticide. Vous laisseriez plusieurs kilos de miel et de cire sans gardiennes : le miel fermente, coule à travers le plâtre et attire mites, fourmis et d’autres essaims l’année suivante.
  3. Faites intervenir un apiculteur ou un professionnel. Deux méthodes existent : l’ouverture de la cloison ou de la toiture pour transférer rayons et abeilles dans une ruche (la plus sûre pour le bâtiment), ou le « chasse-abeilles », un cône grillagé posé sur l’entrée qui laisse sortir les butineuses sans les laisser rentrer, avec une ruchette posée à côté ; il faut compter plusieurs semaines.

Un désinsectiseur ne détruit une colonie d’abeilles qu’en dernier recours, quand elle est inaccessible et qu’un danger est avéré, avec des produits réservés aux titulaires du Certibiocide.

Répulsifs naturels : ce qu’il faut en attendre

Café moulu brûlé dans une coupelle, encens, huiles essentielles de menthe poivrée, de citronnelle ou de clou de girofle, sachets de lavande : ces odeurs gênent les abeilles et peuvent les dissuader de s’attarder sur une terrasse ou un rebord de fenêtre pendant un repas. Elles n’ont en revanche aucun effet sur une colonie établie, qui a investi des semaines de travail dans ses rayons, ni sur un essaim posé, qui repartira quand les éclaireuses auront décidé. Utilisez-les pour le confort du quotidien, pas comme méthode de déménagement, et avec prudence en présence de jeunes enfants ou d’animaux. La fumée calme les abeilles (c’est l’outil de l’apiculteur), elle ne les fait pas partir.

Empêcher les abeilles de revenir : la prévention

Une cavité qui a abrité une colonie garde pendant des années une odeur de cire et de propolis très attractive pour les essaims suivants. Après le départ ou le retrait des abeilles, faites retirer tous les rayons, nettoyer la cavité, puis reboucher. Les travaux de prévention se font idéalement en hiver, quand aucune colonie n’est en recherche de logis :

  • grillage à mailles fines (6 mm) sur le chapeau de cheminée et sur les bouches d’aération ;
  • joints de fenêtres, fissures d’enduit, dessous de tuiles de rive et passages de câbles rebouchés ;
  • caissons de volets roulants fermés aux extrémités, ruches abandonnées évacuées.

Une dernière remarque pour les nids d’autres espèces : la saisonnalité compte aussi, comme le montre la gestion des nids de guêpes en hiver à Toulouse, où un vieux nid vide n’a plus besoin de traitement.

Sur le terrain avec ALLO FRELONS

Chaque printemps, nos techniciens reçoivent de nombreux appels pour « un nid d’abeilles » qui s’avère être, une fois sur place, un essaim de passage ou un nid de guêpes naissant. Pour les véritables colonies d’abeilles, nous orientons systématiquement vers un apiculteur partenaire : nous ne traitons une colonie qu’en dernier recours, lorsqu’elle est inaccessible et qu’il existe un danger réel. L’erreur que nous voyons le plus souvent est l’entrée bouchée à la mousse expansive : trois jours plus tard, la famille retrouve des abeilles dans le salon. Un conseil pratique : photographiez l’insecte et le point d’entrée avant d’appeler, l’identification se fait souvent en quelques secondes.

Questions fréquentes

Comment chasser les abeilles de la maison sans les tuer ?

Pour une abeille isolée, lumière éteinte et fenêtre ouverte suffisent. Pour un essaim ou une colonie installée, appelez un apiculteur : il récupère les abeilles vivantes, le plus souvent gratuitement pour un essaim. L’insecticide n’est jamais la première réponse.

Qui appeler pour des abeilles dans un mur de maison ?

Un apiculteur ou le syndicat apicole de votre département, parfois via la mairie. Si la colonie est inaccessible et dangereuse, un désinsectiseur titulaire du Certibiocide peut intervenir, mais seulement après avoir écarté la solution du déplacement.

Les abeilles reviennent-elles au même endroit chaque année ?

Pas les mêmes abeilles, mais l’odeur de cire laissée dans une cavité attire de nouveaux essaims. D’où l’importance de retirer les rayons, nettoyer et reboucher après le départ de la colonie.

Sources : Anses et Santé publique France (bilan des piqûres d’hyménoptères 2014-2023) ; Code civil, article 564 (propriété des essaims) ; Code rural, articles L. 211-6 et L. 211-7 ; Muséum national d’Histoire naturelle (fiches Apis mellifera et Vespa velutina, INPN) ; ministère chargé de l’environnement (dispositif Certibiocide 2024).

Article mis à jour en octobre 2026.

Dernière modification le octobre 18, 2026 par Guillaume Castagné