Des guêpes polistes sur un nid, dont on étudie le comportement
janvier 26, 2026

Et si les guêpes avaient inventé la civilisation avant nous ?

Par Guillaume Castagné

Elles inspirent la méfiance, parfois la peur. Pourtant, les guêpes ont bâti des sociétés structurées des millions d’années avant l’apparition de l’Homme. Derrière leur mauvaise réputation se cache une intelligence collective remarquable, essentielle à l’équilibre de la nature. Cet article propose de redécouvrir ces insectes mal compris à la lumière de la science.

Elles nous font fuir à l’approche d’un pique-nique.
Elles nous inquiètent, parfois agressent, souvent agacent.
Et pourtant…

Bien avant l’apparition de l’Homme, les guêpes avaient déjà inventé la vie en société, avec ses règles, ses sacrifices, ses hiérarchies et ses bénéfices collectifs.

Ce que nous prenons pour des nuisibles sont en réalité des pionnières de la civilisation.

Les premières sociétés de la planète

Loin d’être de simples insectes opportunistes, les guêpes comptent parmi les premiers animaux sociaux de l’histoire du vivant.
Elles ont expérimenté la coopération, la division du travail et l’altruisme des millions d’années avant nous.

Un fait largement méconnu change radicalement le regard :

  • 👉 les abeilles descendent des guêpes
  • 👉 les fourmis aussi

Les biologistes résument cela avec humour :

  • les abeilles sont des guêpes qui ont « oublié » comment chasser,
  • les fourmis sont des guêpes qui ont « oublié » comment voler (sauf pour se reproduire).

Autrement dit, sans guêpes, pas d’abeilles… ni de fourmis.

Une diversité que l’on ne voit jamais

Quand on parle de guêpes, on pense presque toujours à deux espèces :
la guêpe commune et la guêpe germanique.

Elles sont pourtant l’arbre qui cache la forêt.

On recense aujourd’hui plus de 120 000 espèces de guêpes dans le monde.
Solitaire, sociale, parasite, pollinisatrice, prédatrice…
La majorité ne s’intéresse ni à nos assiettes, ni à nos sodas.

ALLO FRELONS a rédigé cet article grâce à ce documentaire passionnant. Jugez vous-même:

La “police sanitaire” invisible de nos jardins

Si les guêpes disparaissaient, les conséquences seraient immédiates.

Les chiffres donnent le vertige :

  • 🐛 jusqu’à 3 000 insectes consommés par jour par une seule colonie de guêpes sociales,
  • 🦟 des milliards d’insectes régulés chaque saison à l’échelle d’un pays comme la France,
  • 🌽 certaines guêpes parasitoïdes sont utilisées en lutte biologique contre des ravageurs agricoles,
  • 🌸 elles participent à la pollinisation de plus de 1 000 espèces de plantes, dont des figuiers et des orchidées qui disparaîtraient sans elles.

Sans guêpes, moustiques, pucerons et ravageurs exploseraient.
Elles sont, littéralement, la police sanitaire de nos écosystèmes.

Le casse-tête de Darwin : pourquoi se sacrifier ?

Une question a longtemps hanté Charles Darwin, le père de l’évolution des espèces :
pourquoi une ouvrière guêpe renonce-t-elle à avoir des enfants ?

À première vue, cela contredit la sélection naturelle.
La réponse tient dans une équation simple, mais redoutable :
l’équation d’Hamilton (r × B > C).

L’équation d’Hamilton explique que le sacrifice d’un individu peut être favorisé par l’évolution si ce qu’il aide les autres à gagner, pondéré par le lien de parenté, est plus important que ce qu’il perd lui-même.

Le secret génétique qui change tout

Chez les guêpes (comme chez les abeilles et les fourmis), le système génétique est particulier :

  • les mâles n’ont qu’un seul jeu de chromosomes (on dit qu’ils sont haploïdes),
  • les femelles en ont deux (elles sont diploïdes).

Résultat étonnant :
👉 deux sœurs partagent en moyenne 75 % de leurs gènes.

C’est plus que ce qu’une guêpe partagerait avec ses propres enfants (50 %).

D’un point de vue strictement biologique, élever ses sœurs est plus “rentable” que se reproduire soi-même.
L’altruisme n’est pas moral : il est mathématique.

Une intelligence sociale… sans gros cerveau

Les guêpes n’ont pas un gros cerveau.
Mais elles ont une intelligence collective redoutable.

Dès le début du XXᵉ siècle, le chercheur Léo Pardi a montré que leurs sociétés sont finement organisées :

  • des hiérarchies de dominance claires,
  • des interactions physiques (tapotements d’antennes) pour rappeler l’ordre,
  • une reconnaissance faciale chez certaines espèces comme les Polistes,
  • une communication vibratoire pour prévenir les larves de l’arrivée de nourriture.

Pas besoin de langage, ni de chef charismatique.
La société tient… parce qu’elle fonctionne.

L’épigénétique : le livre de cuisine du vivant

Comment une guêpe peut-elle devenir reine ou ouvrière avec le même ADN ?

Les biologistes utilisent une image simple :
l’ADN est un livre de recettes.

  • Toutes les cellules possèdent toutes les recettes.
  • Mais seules certaines sont “cuisinées”.

Des marqueurs chimiques servent de marque-pages, activés ou non selon :

  • la nourriture,
  • la température,
  • l’environnement.

Ces marqueurs modifient le corps, le rôle et le comportement.
Sans changer le génome, on change le destin.

Le prix à payer pour vivre en société

La vie collective a un coût.

  • les colonies favorisent les maladies,
  • les guêpes compensent par une hygiène stricte (évacuation rapide des cadavres et de la nourriture non consommée),
  • les colonies attirent aussi des prédateurs spécialisés.

Mettre “tous ses œufs dans le même panier” est risqué.
Mais les bénéfices du collectif l’emportent.

Conclusion : guêpes et humains, même quête

La guêpe n’a pas notre capacité à réfléchir longuement à ses émotions.
Elle ne peut pas “prendre sur elle” ou inhiber ses hormones.

Elle est contrainte par ses lois biologiques.

Et pourtant, elle a découvert bien avant nous :

  • la puissance du collectif,
  • le sens du sacrifice,
  • l’efficacité de l’organisation sociale.

Au fond, guêpes et humains poursuivent la même chose :
👉 une bonne vie… et une part du gâteau.

🌱 Le regard d’ALLO FRELONS

Chez ALLO FRELONS, nous pensons que la peur naît souvent de l’ignorance.
Comprendre les guêpes, ce n’est pas les idéaliser.
C’est reconnaître leur rôle, leurs contraintes et leur place dans le vivant.

Et parfois, accepter que ceux que l’on croyait primitifs…
avaient simplement une longueur d’avance.

Les guêpes ne sont pas dangereuses en soi. Mais si un nid de guêpes devient trop dangereux ou envahissant, car trop près de vos lieux de vie, ou dans un passage, ALLO FRELONS est l’entreprise qui peut vous en débarrasser, que vous habitiez à Aix-en-Provence, Tarbes, Nantes, Lyon, Paris, Lille, ou ailleurs en France, en Belgique francophone, en Suisse Romande

ALLO FRELONS, votre professionnel de confiance.

Dernière modification le janvier 26, 2026 par Guillaume Castagné

À propos de l’auteur

Guillaume Castagné est cofondateur d’ALLO FRELONS. Il travaille depuis plusieurs années sur les problématiques liées au frelon asiatique, en s’appuyant sur l’observation de terrain, les données scientifiques et l’évolution des pratiques professionnelles en France.