Les prédateurs du frelon asiatique

Voici une liste des différents prédateurs du frelon asiatique. Ces prédateurs s’adaptent progressivement à la présence du frelon asiatique sur nos territoires. En fait, les spécialistes s’accordent à penser que l’on ne pourra pas éradiquer cette espèce invasive. Cependant, avec le temps, certaines espèces d’oiseaux, de plantes, d’organismes divers, permettront d’équilibrer l’écosystème.

Voyons donc ici quels prédateurs ils sont.

La mésange charbonnière

On observe souvent des mésanges, et notamment la mésange charbonnière (Parus major) à proximité des nids de frelons asiatiques. Ce passereau profite du fait que le nid soit abandonné en début d’hiver pour manger les larves et les adultes morts. La mésange profite de cette aubaine pour récupérer des protéines facilement, même si cette prédation opportuniste ne permet pas de décimer des nids encore occupés par les adultes.

La bondrée apivore, prédateur du frelon asiatique

C’est un rapace migrateur d’Europe (Pernis apivorus) ressemblant à la buse variable. C’est en fait le seul oiseau capable de s’attaquer à un nid de frelons asiatiques avec des adultes à l’intérieur.

La bondrée apivore est un oiseau que l’on trouve ponctuellement sur nos territoires. Il n’est donc pas assez présent en nombre ou sur la durée (avril à septembre) pour avoir une influence sur les populations de frelons asiatiques en Europe.

Voici de superbes images de bondrées apivores en train de s’attaquer à un nid de frelons asiatiques en Chine, province du Sichuan:

De plus, voici une bondrée apivore qui mange un essaim de guêpes de terre (Vespula germanica):

La bondrée apivore est en fait capable de déterrer des nids de guêpes et de frelons jusqu’à des profondeurs de plus de 40cm.

Le guêpier d’Europe

Le guêpier d’Europe (Merops apiaster) est un oiseau migrateur avec de très belles couleurs. Il se nourrit principalement d’insectes, et notamment de guêpes, d’abeilles et de frelons. Le guêpier n’hésite donc pas à manger des frelons asiatiques quand il en trouve. Il attrape donc sa proie en vol et la ramène au nid pour la consommer ou la donner à ses petits.

image 2 - Les prédateurs du frelon asiatique
Le guêpier d’Europe a attrapé un bourdon

Cependant, le guêpier d’Europe est présent sous nos latitudes au printemps et en été seulement. Dès qu’il n’y a plus assez d’insecte à consommer, ce bel oiseau se rend donc en Afrique, où il pourra continuer à se nourrir d’insectes.

La pie grièche écorcheur

Comme le guêpier d’Europe, la pie grièche écorcheur (Lanius collurio) est capable de capturer des frelons asiatiques en vol. C’est également un oiseau migrateur assez peu présent chez nous. Sa présence ne va pas donc beaucoup influer les populations de frelons asiatiques.

Les plantes carnivores: la Sarracenia est aussi un prédateur du frelon asiatique

La sarracenia est une plante carnivore présente dans les parc et jardins de certaines villes. Il existe 9 espèces de Sarracenia, toutes originaires du Canada et des Etats-Unis. Ce sont des plantes à croissance lente adaptées aux milieux pauvres comme les tourbières.

En 2015, Christian Besson, le jardinier botaniste spécialiste des tourbières au Jardin des Plantes de Nantes, découvre que les feuilles en tubes (appelées urnes) de ces sarracénies contiennent des cadavres de frelons asiatiques.

Des études poussées ont donc été menées depuis, par le Jardin des Plantes de Nantes, et par une équipe de chercheurs de l’Université de Tours, encadrée par Eric Darrouzet. Il s’avère que les années à forte présence de frelons asiatiques, les sarracenia consomment beaucoup de ces insectes. Les autres années et à d’autres périodes, ces plantes carnivores consomment un grand nombre d’autres insectes.

L’utilisation des sarracenia comme moyen de lutte ne peut donc être que ponctuel et occasionnel.

L’autre difficulté réside dans les exigences naturelles de ces plantes, qui sont assez difficiles à cultiver. Elles ont besoin d’un sol très peu minéralisé, d’un arrosage avec de l’eau déminéralisée et d’une exposition en plein soleil. Elles demandent beaucoup d’entretien.

La poule noire de Janzé

Cette poule est une race très rustique et amatrice d’insectes qu’elle capture en vol. La poule noire de Janzé a gardé son caractère sauvage. Un apiculteur breton, Christophe Bithauld, a remarqué que ses poules s’attaquaient aux frelons asiatiques faisant du vol stationnaire devant ses ruches en fin d’été.

Il a ensuite remporté le premier d’un concours d’idées agricoles grâce à la mise en place dans son rucher d’un poulailler mobile. L’idée a fait son chemin, et la force de dissuasion de ces poules est assez forte. Depuis, la pression des frelons a chuté sur ses ruches. La prédation et le stress engendré sur les abeilles ont été minimisés grâce à la présence de ces poules.

L’abeille

En Asie, l’abeille locale Apis cerana, a développé une stratégie de survie contre les attaques de frelons asiatiques (Vespa velutina). Elles fondent en nombre sur l’agresseur, l’entourent et battent des ailes pour faire augmenter la température. Le frelon ne résistant pas à une température supérieure à 45°C finit par mourir d’hyperthermie. Voici une vidéo très impressionnante d’abeilles se défendant seules face au frelon:

En Europe, où la présence du frelon asiatique est très récente, les abeilles n’ont pas encore adopté ce type de comportement. D’autant plus que les exigences de l’apiculture moderne ont orienté la sélection des souches d’abeilles vers des variétés toujours plus dociles.

La mouche tueuse de frelon asiatique

C’est une mouche parasitoïde (Conops vesicularis), c’est à dire qu’elle va pondre directement dans le corps des frelons adultes. Cette mouche va pondre un œuf dans l’abdomen des femelles frelons au printemps. L’œuf va éclore et la larve se développer jusqu’à faire mourir la reine. La colonie va alors décliner jusqu’à son extinction.

La présence de cette mouche n’est pas très répandue et heureusement: elle s’attaque aussi aux abeilles et autres arthropodes et insectes.

image 3 - Les prédateurs du frelon asiatique
Conops vesicularis, la mouche tueuse de frelons asiatiques

Ce parasitisme est de plus très court dans la durée puisqu’il intervient seulement durant quelques jours fin juin.

Les parasites du frelons asiatique

Des vers parasites ont été découverts dans le corps de certaines larves de frelons. Ce ver, le Pheromermis vesparum est capable de tuer certaines larves dans les colonies de frelons asiatiques. Pas assez cependant pour détruire entièrement une colonie. Ce ne sont pas des prédateurs du frelon asiatique mais bel et bien des parasites.

Ces vers nématodes parasites ont besoin d’un hôte intermédiaire (le phrygane ou port-bois) que l’on trouve au bord des rivières, en zone peu polluées. Or, seulement 0,2% des captures des ouvrières du frelon asiatique concernent cette espèce. Peu de chance que ces vers viennent à bout des populations locales de Vespa velutina.

image 4 - Les prédateurs du frelon asiatique
Cycle de reproduction du nématode parasite du frelon asiatique

L’homme

L’homme est l’un des plus grand prédateurs du frelon asiatique sur nos territoires.

Devant les ruches, les apiculteurs amateurs ont pris l’habitude de tuer directement les frelons asiatiques avec une raquette électrique ou une raquette de badminton. Quand le frelon asiatique vole en stationnaire pour essayer de capturer des abeilles à l’envol ou à l’atterrissage, il est facile de leur mettre un coup de raquette. Mais attention, même au sol il leur arrive de repartir en vol. Il suffit alors de leur marcher dessus pour finir de les écraser.

Les apiculteurs protègent leurs ruchers par des techniques adaptées et des pièges sélectifs. La harpe électrique, la muselière, la porte anti-frelon sont des outils assez efficaces pour faire baisser la pression de ces super-prédateurs.

Le piégeage se doit d’être sélectif: inutile de piéger les guêpes ou les frelons européens. Ce sont des alliés de l’apiculteur. Ils sont des concurrents directs du frelon asiatique dans la chaine alimentaire.

Certains ont testé la contamination d’une colonie en capturant des frelons et leur posant un poison sur le thorax. Ce poison est un produit anti-fourmis très peu concentré, de façon à ce que l’insecte ne meure pas immédiatement. Le frelon rentre alors au nid avec le poison et le contamine. La multiplication des captures et des relâches finissent pas éradiquer les nid. Ce système est assez long et fastidieux, et finalement pas très efficace.

Le recherche et la destruction systématique des nids de frelons asiatiques reste de loin la solution la plus efficace.


Nous voyons donc que la nature est bien pourvue pour réguler les espèces invasives et notamment le frelon asiatique Vespa velutina.

Même si le pression de certains prédateurs est assez intéressant pour tendre à terme vers un équilibre, la présence du frelon asiatique est inéluctable sur le long terme.

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