Une abeille condamnée par l'accord Mercosur
janvier 10, 2026

Accord Mercosur : ce que l’Europe s’apprête à importer, au-delà des produits agricoles

Par Guillaume Castagné

Par Guillaume Castagné – ALLO FRELONS
Publié le 10 janvier 2026

Le 9 janvier 2026, l’Union européenne a validé une étape clé de l’accord Mercosur — une décision aux conséquences bien plus larges que le commerce. Cet article s’appuie sur un rapport détaillé et sourcé d’ALLO FRELONS, qui analyse les risques sanitaires, agricoles et écologiques de cet accord pour la biodiversité française.

Cet article s’appuie sur un rapport prospectif rédigé par ALLO FRELONS, fondé sur des données scientifiques, des publications institutionnelles et des travaux de recherche récents.
Ce rapport analyse, point par point, les impacts potentiels de l’accord Mercosur sur la biodiversité, les pollinisateurs, les milieux aquatiques et l’agriculture française, à court, moyen et long terme.

Une décision qui engage bien plus que le commerce

Le 9 janvier 2026, l’Union européenne a franchi une étape décisive dans la ratification de l’accord de libre-échange avec les pays du Mercosur.
Présenté comme un compromis économique, cet accord engage pourtant bien plus que le commerce. Il engage notre agriculture, notre santé publique, nos rivières et la survie des pollinisateurs.

Ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement le débat sur les volumes de viande ou de fruits importés. Il s’agit d’un choix de modèle, dont les conséquences écologiques sont déjà documentées.

Mercosur : un choc de modèles agricoles

L’accord lie l’Union européenne à quatre pays d’Amérique du Sud : Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay. Il prévoit la suppression progressive de plus de 90 % des droits de douane européens sur les produits importés.

Concrètement, cela signifie davantage de viande bovine, de volaille, de fruits, de sucre, de céréales et d’aliments pour animaux entrant sur le marché européen.

Mais derrière les volumes se cache une réalité rarement mise en avant : ces produits sont issus de systèmes agricoles soumis à des normes environnementales et sanitaires radicalement différentes de celles imposées aux agriculteurs européens.

Le point aveugle de l’accord : les pesticides

En Europe, plus de 400 substances phytosanitaires ont été interdites ces vingt dernières années, après avoir été reconnues dangereuses pour la santé humaine, les pollinisateurs ou les milieux aquatiques.

Dans le même temps, ces substances continuent d’être produites, exportées… puis réintroduites indirectement via les importations alimentaires.

Selon Greenpeace, près des deux tiers des ingrédients actifs utilisés au Brésil n’ont aucune autorisation équivalente dans l’Union européenne. Parmi eux figurent des molécules classées cancérogènes, mutagènes, toxiques pour la reproduction ou perturbatrices endocriniennes.

Autrement dit, l’Europe interdit ces pesticides sur ses champs, mais accepte qu’ils reviennent dans ses assiettes.

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Une contamination déjà documentée

Ce mécanisme n’est pas théorique. Des analyses menées sur des fruits importés ont déjà mis en évidence la présence de pesticides interdits en Europe, parfois sous forme de mélanges complexes.

Or, les effets combinés de ces substances sont encore mal évalués. Ce que la science sait en revanche, c’est que leur toxicité ne s’annule pas. Elle s’additionne.

Les mécanismes décrits ici ne relèvent pas de scénarios hypothétiques.
Ils sont détaillés et documentés dans le rapport ALLO FRELONS, qui croise données de surveillance environnementale, études scientifiques internationales et observations de terrain menées par des professionnels de la biodiversité.

De l’assiette aux rivières : un trajet invisible

Une fois ingérées, ces molécules ne disparaissent pas. Le corps humain en métabolise une partie, mais certains résidus persistent dans les urines et se retrouvent dans les eaux usées.

Les stations d’épuration françaises ne sont pas conçues pour éliminer totalement ces substances persistantes. Une partie traverse les filtres, rejoint les rivières, puis les nappes phréatiques.

Ce cycle est déjà observé aujourd’hui. Le Mercosur en augmente mécaniquement l’intensité.

Des rivières françaises déjà sous pression

Avant même l’entrée en vigueur de l’accord, la situation des cours d’eau français est préoccupante. Les données de surveillance montrent que, selon les bassins, jusqu’à 90 % des points de mesure présentent un risque écotoxique jugé inacceptable.

Les petites rivières, celles qui abritent insectes aquatiques et larves indispensables aux chaînes alimentaires, sont les plus touchées. Ce sont aussi les premières à réagir à toute augmentation de la charge chimique.

Pollinisateurs : un équilibre déjà fragilisé

Les pollinisateurs français déclinent depuis des années. Les apiculteurs perdent en moyenne près d’un tiers de leurs colonies chaque année. Les insectes sauvages suivent la même trajectoire.

Les pesticides importés aggravent des mécanismes déjà connus : désorientation, baisse de la reproduction, mortalité des reines, affaiblissement des colonies sur plusieurs générations.

Une étude récente de l’université d’Ottawa estime que 70 % des espèces d’abeilles sauvages sont exposées à des risques élevés via les sols contaminés. Ces impacts restent largement invisibles… jusqu’à ce que la pollinisation elle-même s’effondre.

Une agriculture française sous tension

Face à ces importations, les agriculteurs français doivent respecter des normes strictes, souvent coûteuses, qui limitent l’usage de pesticides et encadrent fortement la production.

La concurrence qui s’installe est structurellement déséquilibrée. Elle exerce une pression à la baisse sur les prix, fragilise les exploitations les plus vertueuses et accélère la disparition des modèles agricoles durables.

À terme, le paradoxe est cruel : plus la production française recule, plus la dépendance aux importations augmente.

Déforestation lointaine, conséquences locales

L’augmentation des importations agricoles s’accompagne d’une pression accrue sur les écosystèmes sud-américains. Le Cerrado brésilien, savane unique abritant près de 5 % de la biodiversité mondiale, a déjà perdu près de la moitié de sa surface.

Les chercheurs montrent que cette déforestation affecte même le régime des pluies en Amazonie, augmentant le risque de basculement climatique régional.

Ce qui se joue à des milliers de kilomètres finit par modifier les équilibres écologiques globaux.

Une alerte venue du terrain

Chez ALLO FRELONS, nous constatons chaque jour les effets cumulés des pressions environnementales : disparition des insectes, fragilisation des écosystèmes, prolifération d’espèces invasives, ruptures des chaînes alimentaires.

L’accord Mercosur ne crée pas ces déséquilibres. Il les accélère.

Le rapport ALLO FRELONS met en évidence une dynamique en cascade : chaque étape de l’accord — augmentation des importations, résidus pesticides, contamination des eaux, déclin des insectes — alimente la suivante.
C’est cette lecture systémique, rarement abordée dans le débat public, qui alerte aujourd’hui les acteurs de terrain.

Conclusion : une trajectoire connue

Mercosur n’est pas un simple accord commercial. C’est un choix politique qui engage durablement la santé, l’agriculture, l’eau et la biodiversité européennes.

Ses effets ne seront pas immédiats. Ils seront progressifs, diffus, souvent invisibles au début. Mais ils s’inscriront dans le temps long.

Et lorsque les signaux deviendront impossibles à ignorer, la question ne sera plus de savoir si le risque existait, mais pourquoi il a été accepté.


Sources principales

Commission européenne – Accord UE-Mercosur
Greenpeace France – Pesticides interdits et importations
Institut Veblen – Impacts environnementaux de l’accord
BRGM – Pollution des eaux par les pesticides
Université d’Ottawa – Pesticides et abeilles sauvages
MNHN – Déclin des pollinisateurs

ALLO FRELONS – Rapport Mercosur et Biodiversité 2026

À noter — Cet article est issu d’un rapport d’analyse rédigé par ALLO FRELONS, spécialiste des enjeux de biodiversité et de protection des écosystèmes. Le document complet s’appuie sur des sources scientifiques, institutionnelles et environnementales disponibles au 10 janvier 2026.

Dernière modification le janvier 10, 2026 par Guillaume Castagné