Hirondelles de fenêtre à leur nid de boue sous un avant-toit garni de pics anti-pigeons
décembre 29, 2024

Enlever un nid d’oiseau sous un toit

Par Guillaume Castagné

Enlever un nid d’oiseau sous un toit est interdit tant qu’il est occupé : la quasi-totalité des oiseaux qui nichent sur nos maisons (hirondelles, martinets, moineaux, mésanges, rougequeues) sont des espèces protégées par l’arrêté du 29 octobre 2009, et leurs nids, œufs et jeunes ne peuvent être détruits. La bonne méthode consiste à attendre la fin de la nidification, vers la fin du mois d’août, puis à nettoyer et à poser des protections pour la saison suivante. Pour les hirondelles et les martinets, le nid reste protégé même vide : on ne l’enlève pas, on installe une planchette pour recueillir les fientes.

L’essentiel

  • Destruction d’un nid occupé d’espèce protégée : jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 150 000 € d’amende (article L. 415-3 du code de l’environnement).
  • Nidification : de mars-avril à fin août selon les espèces ; une seconde couvée est fréquente en juillet.
  • Hirondelles et martinets : nids protégés toute l’année, même inoccupés.
  • Pigeons et pies : non protégés, mais les méthodes doivent rester non cruelles (pics, filets, grillages).
  • Travaux de toiture inévitables en saison : demander une dérogation à la préfecture (DREAL ou DDT) avant d’agir.
  • Solution pratique : planchette anti-fientes sous le nid, grillage des accès à l’automne, nichoirs de substitution.

Peut-on enlever un nid d’oiseau sous un toit ?

Non, pas pendant la période de reproduction, et pour certaines espèces jamais. En France, l’arrêté du 29 octobre 2009 fixe la liste des oiseaux protégés : il interdit la destruction ou l’enlèvement des nids et des œufs, la capture et la perturbation intentionnelle des oiseaux pendant la reproduction. Cette liste couvre la très grande majorité des espèces qui s’installent sous les toits : hirondelles, martinet noir, moineau domestique, mésanges, rougequeue noir, chouette effraie dans les combles. Le code de l’environnement (article L. 415-3) punit l’atteinte à une espèce protégée de trois ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende au maximum ; les peines prononcées sont bien inférieures en pratique, mais des condamnations pour destruction de nids d’hirondelles lors d’un ravalement existent.

Seules quelques espèces ne sont pas protégées, parce qu’elles sont chassables ou classées « susceptibles d’occasionner des dégâts » : pigeons, pie bavarde, corneille noire, étourneau dans certains départements. Pour elles, l’enlèvement d’un nid est possible, sans cruauté et de préférence hors couvée.

Comment savoir quelle espèce niche chez vous

Avant toute décision, identifiez l’occupant. L’aspect du nid et l’endroit renseignent presque toujours.

EspèceOù et comment est le nidPériode d’occupationStatut
Hirondelle de fenêtreCoupe de boue fermée collée sous l’avant-toit, petite ouverture en hautAvril à fin août, deux couvéesProtégée, nid protégé même vide
Hirondelle rustiqueCoupe ouverte de boue et de paille à l’intérieur (grange, garage, auvent)Avril à septembreProtégée, nid protégé même vide
Martinet noirInvisible, dans une fente sous les tuiles ou derrière une gouttière ; cris aigus en volMai à fin juilletProtégé, nid protégé même vide
Moineau, mésange, rougequeueBoule d’herbes et de plumes dans un trou de mur, sous une tuile, dans un caisson de voletMars à aoûtProtégés ; nettoyage possible hors saison
PigeonPlateforme sommaire de brindilles sur un rebord, un balcon, une gouttièrePresque toute l’annéeNon protégé

Un « bourdonnement » sous la toiture signale plutôt des bourdons des arbres dans l’isolant ou un nid de guêpes que des oiseaux. La réponse n’est alors pas la même : reportez-vous à nos conseils pour gérer des problèmes de frelons dans les jardins et autour de la maison.

Quels sont les vrais inconvénients d’un nid sous le toit ?

Les nuisances existent, mais elles sont souvent moins graves que ce que l’on craint. Les fientes sous un nid d’hirondelles salissent la façade pendant trois ou quatre mois et se nettoient à l’eau. Des nids de moineaux accumulés dans une gouttière ou une bouche d’aération peuvent la boucher : ils se retirent à l’automne. Les parasites du nid (puces d’oiseaux, acariens) peuvent entrer par une fenêtre proche en fin de saison, mais ne survivent pas sans leur hôte.

En contrepartie, une famille d’hirondelles ou de martinets consomme chaque jour des milliers de petits insectes volants, dont des moustiques ; les mésanges prélèvent chenilles et pucerons. Les populations d’hirondelles et de martinets ont fortement reculé en France, notamment faute de sites de nidification sur les bâtiments rénovés, ce qui explique leur niveau de protection.

Quand et comment agir légalement

La règle est simple : on attend que le nid soit vide, puis on intervient. La fin de la nidification se situe en général fin août pour les hirondelles de fenêtre (qui peuvent faire deux, parfois trois couvées), fin juillet pour les martinets, août pour les moineaux et les mésanges. Entre septembre et février, vous pouvez :

  1. nettoyer les traces de fientes et les débris de nids de moineaux ou de mésanges dans les gouttières, les caissons de volets et les combles ;
  2. poser des grillages fins ou des bandes de rive sur les accès aux combles et sous les tuiles de rive si vous ne voulez plus de nids à cet endroit ;
  3. installer des pics anti-pigeons sur les rebords et les corniches fréquentés par les pigeons ;
  4. laisser en place les nids d’hirondelles et de martinets, qui seront réutilisés au printemps ; s’ils tombent d’eux-mêmes, poser à la place un nichoir artificiel conçu pour l’espèce.

Si des travaux de toiture ou de ravalement ne peuvent pas attendre l’automne, sollicitez une dérogation auprès des services de l’État (DREAL ou DDT selon le département) avant de commencer, en proposant des mesures de compensation comme des nichoirs.

Cohabiter sans subir : les solutions qui marchent

La planchette anti-fientes est le dispositif le plus efficace et le moins cher pour les hirondelles de fenêtre : une planche de 20 à 30 cm de large fixée 40 à 50 cm sous les nids recueille les déjections et protège la façade. Des nichoirs à hirondelles ou à martinets, fixés sous l’avant-toit avant le retour des oiseaux en mars, permettent de déplacer une colonie de quelques mètres vers un pan de mur où elle ne dérange pas.

Les dispositifs d’effarouchement (ballons à yeux, rubans réfléchissants, ultrasons) ont une efficacité limitée dans le temps et ne doivent jamais viser un nid occupé. Si vous vous intéressez à l’utilisation de répulsifs naturels, sachez que ceux qui sont décrits pour les guêpes n’ont aucune action démontrée sur les oiseaux : la seule prévention durable reste de condamner proprement les accès en hiver.

Sur le terrain avec ALLO FRELONS

Chaque printemps, nos techniciens reçoivent des demandes pour un « nid sous le toit » qui se révèle, sur place, être une colonie de martinets ou un nid de moineaux dans un caisson de volet. Nous n’intervenons jamais sur un nid d’oiseau : nous expliquons au propriétaire ce qu’il abrite, la fin probable de la nidification et les protections à poser à l’automne. Notre conseil avant tout travaux de toiture entre avril et août : observez le toit un soir pendant dix minutes ; si des oiseaux entrent sous les tuiles, reportez le chantier.

Et si le nid sous le toit n’est pas un nid d’oiseau ?

Beaucoup d’appels concernant un nid « dans le toit » visent en réalité des insectes : guêpes communes dans l’isolant des combles, polistes sous les tuiles, bourdons des arbres dans la laine de verre, frelons européens dans un conduit. Pour les guêpes et les frelons, la situation s’inverse : aucune protection légale, et un nid actif proche d’une fenêtre justifie une destruction par un professionnel certifié. Pour les bourdons, la cohabitation jusqu’à la fin de l’été est la règle. Gardez aussi en tête que même en hiver, certains insectes comme les guêpes peuvent poser problème : un vieux nid découvert dans les combles est vide et peut être retiré sans risque, mais des reines fondatrices hibernent parfois à proximité, derrière les tuiles ou dans les fentes de la charpente.

Questions fréquentes

Comment enlever un nid d’oiseau sous un toit sans enfreindre la loi ?

Identifiez l’espèce, attendez la fin de la nidification (fin août dans la plupart des cas), puis nettoyez et condamnez les accès. Pour les hirondelles et les martinets, ne retirez pas le nid, même vide : posez une planchette ou un nichoir de remplacement. En cas de travaux urgents, demandez une dérogation à la préfecture.

Qui appeler pour un nid d’oiseau sous le toit ?

Ni les pompiers ni un désinsectiseur. Pour un conseil, contactez la LPO ou l’association naturaliste de votre département ; pour un oiseau tombé du nid ou blessé, un centre de soins pour la faune sauvage. Un couvreur peut poser les protections hors saison.

Peut-on enlever un nid d’hirondelle vide en hiver ?

Non. Les nids d’hirondelles et de martinets sont protégés en permanence, car les oiseaux reviennent les occuper chaque année. Si un nid menace de tomber ou doit disparaître pour des travaux, une dérogation est nécessaire et des nichoirs de compensation sont généralement exigés.

Quels risques si l’on détruit un nid de pigeons ?

Le pigeon n’est pas une espèce protégée : vous pouvez retirer un nid sur votre balcon ou votre toiture, de préférence avant la ponte, et poser des pics ou des filets. Les méthodes cruelles (poisons, colles) sont interdites.

Sources : arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire ; code de l’environnement, articles L. 411-1 et L. 415-3 ; Office français de la biodiversité (sanctions applicables aux atteintes aux espèces protégées) ; Ligue pour la protection des oiseaux (fiches juridiques hirondelles et martinets, planchettes anti-fientes et nichoirs).

Article mis à jour en octobre 2026.

Dernière modification le octobre 18, 2026 par Guillaume Castagné