Hyménoptères de France : familles, espèces et reconnaissance
Les hyménoptères de France forment un ordre d’insectes qui regroupe les abeilles, les bourdons, les guêpes, les frelons, les fourmis et une foule d’espèces moins connues (tenthrèdes, ichneumons, pompiles, scolies), soit plusieurs milliers d’espèces sur le territoire métropolitain, dont l’immense majorité sont solitaires et inoffensives. Seules quelques dizaines d’espèces sociales, guêpes communes, polistes, frelons et abeille domestique, défendent un nid et peuvent piquer en nombre : ce sont elles qui concernent le quotidien des particuliers et le travail des désinsectiseurs.
L’essentiel
- Signes de l’ordre : deux paires d’ailes membraneuses accrochées l’une à l’autre en vol, métamorphose complète (œuf, larve, nymphe, adulte), aiguillon dérivé de l’organe de ponte chez les femelles.
- Deux sous-ordres : les symphytes (tenthrèdes, sirex) sans taille de guêpe, et les apocrites (abeilles, guêpes, fourmis, parasitoïdes) à abdomen pédonculé.
- En France : près de 1 000 espèces d’abeilles sauvages, une quarantaine de bourdons, trois frelons (européen, asiatique depuis 2004, oriental détecté à Marseille en 2021), des dizaines de guêpes sociales et solitaires, plus de deux cents fourmis.
- Pour reconnaître une famille : pilosité et couleurs ternes chez les abeilles, corps lisse jaune et noir chez les guêpes sociales, grande taille et tons roux ou noir-orangé chez les frelons, ouvrières sans ailes chez les fourmis.
- Les piqûres d’hyménoptères ont causé 256 décès en France entre 2014 et 2023, presque tous par allergie ; les guêpes sont en cause dans 37 % des cas.
Qu’est-ce qu’un hyménoptère ?
Le nom vient du grec « ailes membraneuses » : les hyménoptères portent deux paires d’ailes transparentes, les postérieures plus petites, accrochées aux antérieures par une rangée de crochets, si bien qu’elles battent ensemble comme une seule aile. Leur corps est divisé en tête, thorax et abdomen ; leur appareil buccal associe des mandibules broyeuses et, chez les abeilles, une langue qui lèche le nectar. Leur développement passe par une métamorphose complète : l’œuf donne une larve sans pattes, nourrie par les adultes ou laissée avec une provision, puis une nymphe immobile, enfin l’adulte ailé.
Deux traits expliquent leur réputation. Chez les femelles, l’organe de ponte s’est transformé, dans une partie de l’ordre, en aiguillon à venin ; seules les femelles piquent. Et la vie sociale est apparue plusieurs fois : abeilles domestiques, bourdons, guêpes, frelons et fourmis vivent en colonies avec une reine et des ouvrières, capables d’une défense collective.
Les deux grands sous-ordres des hyménoptères de France
Les symphytes sont les plus anciens : tenthrèdes, cèphes et sirex ont un abdomen largement soudé au thorax, sans étranglement. Leurs larves ressemblent à des chenilles et mangent des feuilles (tenthrède du rosier) ou du bois (sirex géant, grande « guêpe du bois » à longue tarière, incapable de piquer). Ils ne forment jamais de colonies.
Les apocrites rassemblent tout le reste, reconnaissable à la « taille de guêpe », un rétrécissement entre le thorax et l’abdomen. On y distingue les parasitoïdes (ichneumons, braconides, chalcidiens, des milliers d’espèces souvent minuscules qui pondent dans d’autres insectes et constituent la plus grande part des hyménoptères de France) et les aculéates, porteurs d’un vrai aiguillon : abeilles, guêpes, frelons, fourmis, pompiles, scolies. C’est dans ce dernier groupe que se trouvent les espèces que vous rencontrez autour de la maison.
Combien d’espèces d’hyménoptères en France ?
Le référentiel national du Muséum (INPN) recense plusieurs milliers d’espèces d’hyménoptères en France métropolitaine, chiffre qui progresse au fil des découvertes, surtout chez les petits parasitoïdes. Les abeilles sauvages approchent le millier d’espèces, les bourdons une quarantaine, les fourmis plus de deux cents, les guêpes sociales une quinzaine, auxquelles s’ajoutent trois frelons ; les guêpes solitaires se comptent par centaines. Autrement dit, moins d’une espèce sur cent vit en colonie et peut piquer en nombre.
Les grandes familles et comment les distinguer
| Groupe | Exemples en France | Comment le reconnaître | Mode de vie et risque |
|---|---|---|---|
| Abeilles sauvages | Osmies, andrènes, halictes, mégachiles | Corps velu, couleurs ternes ou bronzées, 6 à 15 mm | Solitaires, près de 1 000 espèces ; risque quasi nul |
| Abeille domestique | Apis mellifera | Brun-roux rayé de sombre, pattes arrière garnies de pollen | Sociale, colonies pérennes de 20 000 à 60 000 individus ; dard laissé dans la peau |
| Bourdons | Bourdon terrestre, bourdon des arbres, bourdon des pierres | Gros, très velu, bandes jaunes, blanches ou rousses, vol bourdonnant | Sociaux, colonies annuelles de 50 à 400 individus ; risque très faible |
| Guêpes sociales | Guêpe commune, guêpe germanique, polistes, dolichovespules | Corps lisse jaune vif et noir, taille marquée, 11 à 20 mm | Colonies annuelles, nid de papier ; piqûres multiples près du nid |
| Frelons | Frelon européen, frelon asiatique, frelon oriental | Les plus grandes guêpes sociales, 17 à 35 mm, roux et jaune ou noir à bande orangée | Colonies annuelles en cavité ou en hauteur ; risque réel près du nid |
| Guêpes solitaires | Guêpes maçonnes et potières, sphex, pompiles, philanthes, scolies | Formes variées, souvent sombres ou noir et roux, toujours seules | Nid approvisionné de proies paralysées ; risque nul sauf manipulation |
| Fourmis | Fourmi noire des jardins, fourmi rousse des bois, fourmis des charpentes | Ouvrières sans ailes, antennes coudées, en colonnes | Sociales, colonies pérennes ; nuisance domestique, morsures bénignes |
| Parasitoïdes et symphytes | Ichneumons, braconides, tenthrèdes, sirex | Longues antennes, souvent minuscules ; pas de taille marquée chez les symphytes | Solitaires, larves dans d’autres insectes ou dans les plantes ; risque nul |
Pour l’identification, le premier réflexe est de différencier les abeilles des guêpes : corps velu et couleurs ternes d’un côté, corps lisse jaune et noir de l’autre. Le second est de distinguer les frelons : le frelon européen (Vespa crabro) est roux et jaune, les ouvrières mesurant 18 à 25 mm ; le frelon asiatique (Vespa velutina) a le thorax noir, une large bande orangée sur l’abdomen et l’extrémité des pattes jaune, pour 17 à 26 mm ; le frelon oriental (Vespa orientalis), roux-brun avec une bande jaune, reste pour l’instant cantonné au littoral méditerranéen. Le troisième réflexe est le comportement : une espèce sociale se trahit par un va-et-vient soutenu vers un point précis, un hyménoptère solitaire est toujours vu seul.
Si l’insecte qui vous intrigue est entièrement noir ou très sombre, l’identification suit des critères particuliers (taille, reflets des ailes, présence ou non de pattes jaunes) que nous détaillons dans notre article consacré à l’hyménoptère noir.
Trois frelons et une invasion
Le frelon européen est une espèce indigène, utile prédateur de mouches et de chenilles, qui forme des colonies de quelques centaines d’individus dans les cavités et n’est pas plus dangereux qu’une guêpe, sauf près du nid. Le frelon asiatique à pattes jaunes a été introduit en 2004 dans le Lot-et-Garonne ; il occupe aujourd’hui la quasi-totalité des départements, ses nids abritent 1 000 à 2 000 ouvrières au pic de l’automne, et la loi n° 2025-237 du 14 mars 2025 organise un plan national de lutte décliné par département. Enfin, le frelon oriental, déjà présent en Italie et en Espagne, a été détecté pour la première fois en France à Marseille en 2021.
Rôle écologique et piqûres : ce qu’il faut retenir
Abeilles, bourdons et certaines guêpes assurent la pollinisation d’une grande partie des plantes à fleurs ; guêpes, frelons européens et parasitoïdes régulent chenilles, pucerons et mouches ; les fourmis aèrent les sols. Cette utilité explique la position de notre réseau : on n’intervient que sur les nids qui créent un danger réel, jamais sur les abeilles ni les bourdons.
Côté sécurité, le bilan publié en 2025 par l’Anses et Santé publique France pour 2014-2023 dénombre 179 141 passages aux urgences et 256 décès liés aux piqûres de guêpes, frelons et abeilles en France, soit environ 25 décès par an. Les guêpes sont les plus souvent en cause (37 % des cas), les frelons plus fréquemment impliqués dans les cas graves ; la cause principale des décès est l’allergie, puis les piqûres multiples près d’un nid. En cas de gêne respiratoire, de gonflement du visage ou de piqûres multiples, appelez le 15 ou le 112.
Sur le terrain avec ALLO FRELONS
Sur plusieurs milliers de demandes d’intervention chaque saison, nos techniciens constatent qu’une partie notable des appels concerne des hyménoptères qui ne justifient aucune destruction : abeilles sauvages dans un mur de terre, bourdons sous les tuiles, scolies sur un compost, guêpes maçonnes dans un trou de serrure. Nous demandons une photo avant tout déplacement et expliquons, le cas échéant, que l’insecte est inoffensif et utile. Notre conseil : avant de vous inquiéter d’un insecte, regardez s’il y a un va-et-vient soutenu vers un point précis, signe d’une colonie ; un individu isolé qui butine ne pose aucun problème.
Questions fréquentes
Combien d’espèces d’hyménoptères y a-t-il en France ?
Plusieurs milliers, dont près de 1 000 abeilles sauvages et une majorité de petits parasitoïdes peu visibles. Les espèces sociales capables de piquer en nombre se comptent, elles, en quelques dizaines.
Quels hyménoptères de France sont dangereux ?
Essentiellement les espèces sociales qui défendent un nid : guêpes communes et germaniques, frelons européen et asiatique, abeille domestique. Le risque grave vient surtout de l’allergie et des piqûres multiples près d’un nid.
Les fourmis sont-elles des hyménoptères ?
Oui. Les fourmis sont des hyménoptères sociaux dont les ouvrières ont perdu leurs ailes ; seuls les reines et les mâles en portent, lors du vol nuptial d’été.
Quelle est la différence entre un hyménoptère et une mouche ?
Les hyménoptères ont quatre ailes et de longues antennes ; les mouches (diptères) n’ont que deux ailes et des antennes courtes. Beaucoup de mouches imitent les couleurs des guêpes mais ne piquent pas.
Sources : Muséum national d’Histoire naturelle (INPN, référentiel des espèces de France et fiches Vespa crabro, Vespa velutina, Vespa orientalis) ; Anses et Santé publique France, bilan des piqûres d’hyménoptères 2014-2023 (publié en 2025) ; arrêté du 26 décembre 2012 ; loi n° 2025-237 du 14 mars 2025 ; étude de la première détection de Vespa orientalis à Marseille (revue Faunitaxys, 2021) ; retours d’expérience des techniciens du réseau ALLO FRELONS.
Article mis à jour en octobre 2026.
Dernière modification le octobre 18, 2026 par Guillaume Castagné

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