Humidité et nuisibles dans une maison. Avant / après.
novembre 26, 2025

Insectes d’humidité dans la maison : identifier, comprendre la cause, éliminer durablement

Par Guillaume Castagné

Constater des petites bêtes rampantes dans une salle de bains, une cuisine, une cave ou un placard n’est jamais agréable. Pourtant, ces insectes d’humidité ne sont presque jamais “l’ennemi principal” : ce sont des bio-indicateurs. Leur présence signale un déséquilibre de l’écosystème intérieur (humidité, condensation, vapeur d’eau, hygrométrie trop importante, fuite, moisissures, ventilation insuffisante).

Chez ALLO FRELONS, on appelle ça la lutte différenciée :
1) diagnostiquer la cause, 2) corriger l’environnement, 3) traiter seulement de façon ciblée si nécessaire, 4) vérifier que le problème ne revient pas.

Ce guide te permet :

  • d’identifier l’espèce en 2 minutes,
  • de trouver la cause (souvent une source d’eau ou de condensation),
  • d’appliquer un plan d’action sur 14 jours pour les faire partir durablement, idéalement sans saturer l’air d’insecticides.

ALLO FRELONS vous offre ces fiches téléchargeables pour faciliter votre travail:


Diagnostic express en 5 minutes

Étape 1 — Où les vois-tu ?

Coche la zone la plus fréquente :

  • Autour d’un siphon / évacuation (douche, lavabo, évier)
  • Sous évier / derrière WC / près machine à laver
  • Plinthes, bas de cloisons, placards
  • Cave, garage, vide sanitaire
  • Bibliothèque, papier peint, cartons

Étape 2 — À quel moment ?

  • Surtout la nuit : suspicion plus forte de blattes/cafards et d’insectes très discrets.
  • Après la douche / cuisson / lessive : humidité excédentaire + ventilation insuffisante.
  • Après pluie : infiltration, remontées, cave/garage.

Étape 3 — Signes associés (indices de cause)

  • Condensation sur vitres, joints noircis, odeur de renfermé
  • Papier peint qui gondole / se décolle, peinture qui cloque
  • Auréoles, taches, moisissures
  • Bois qui gonfle / friable, poussière de bois, “trous” dans le bois

Étape 4 — Mesure simple (à faire aujourd’hui)

Procure-toi un hygromètre (même basique) et mesure 2 fois/jour (matin + soir) :

  • < 55 % : zone plutôt saine (sauf cas particuliers : cave, pont thermique, fuite localisée)
  • 55–60 % : zone “à surveiller”
  • > 60 % : terrain favorable aux insectes hygrophiles + moisissures
  • > 65 % : risque élevé (prolifération + dégradation matériaux)

Important : on peut avoir 50–55 % “en moyenne” mais des micro-zones restent humides (derrière doublage, sous bac de douche, dans siphon, bas de cloison). C’est là que les insectes s’installent.

Comme Elise Durant le recommande, une solution économique et saine est de créer votre propre absorbeur d’humidité naturel. En utilisant des ingrédients simples comme le sel de roche ou le charbon actif, vous stabilisez l’hygrométrie de vos placards et découragez l’installation des insectes hygrophiles.

Étape 5 — Décision rapide

  • Mouches de drain / moucherons autour des siphons → priorité : biofilm et évacuations
  • Poisson d’argent / psoques → priorité : air + moisissures + matériaux
  • Cloportes → priorité : infiltration / remontées / bois humide
  • Blattes → priorité : plan d’hygiène + traitement ciblé rapide
  • Vrillette / trous + sciure + bruit → priorité : diagnostic bois urgent
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Le lépisme, appelé poisson d’argent aime les lieux humides

Pourquoi l’humidité attire ces “petites bêtes” ?

La majorité des nuisibles domestiques liés à l’humidité sont hygrophiles : ils ont besoin d’un air humide pour survivre, respirer, se reproduire, et surtout… parce que l’humidité fabrique leur nourriture.

1) Condensation, point de rosée et ponts thermiques

Quand un air chaud et humide rencontre une paroi froide (mur mal isolé, angle, plafond, fenêtre), il se produit une condensation. Résultat : micro-zones humides persistantes, invisibles à l’œil nu mais parfaites pour les insectes.

2) Moisissures : la base de la chaîne alimentaire

L’humidité favorise champignons microscopiques et moisissures. Beaucoup d’espèces (psoques, certains acariens, poissons d’argent indirectement) profitent de cette biomasse.
Supprimer l’insecte sans traiter l’humidité/moisissures, c’est traiter le symptôme en laissant la cause.

3) Matériaux “aimants” : cellulose et zones confinées

Placo, papier peint, cartons, poussières riches en fibres : avec l’humidité, ils deviennent des réservoirs (abri + nourriture).


Les insectes d’humidité les plus courants : qui est qui, et ce que ça révèle

Tableau diagnostic et fiche de reconnaissance (le plus utile pour agir vite)

fiche de reconnaissance des nuisibles domestiques attires par lhumidite 828x1024 - Insectes d’humidité dans la maison : identifier, comprendre la cause, éliminer durablement
Espèce (indice visuel)Où on la voitCe que ça révèle le plus souventPremière action (immédiate)Action de fond (durable)
Poisson d’argent (lépisme) (argenté, rapide, 3 filaments)SDB, plinthes, placards, livresHumidité + matériaux (papiers/colles) + zones sombresAssécher + aspirer + réduire “nourriture” (cartons/poussière)VMC/ventilation + traiter micro-moisissures + colmater refuges
Psoques (minuscules, près papiers/moisissures)Bibliothèque, placards, papier peintMicro-moisissures + manque renouvellement d’airNettoyage anti-moisissures + assèchementStabiliser hygrométrie + circulation d’air + supprimer sources d’eau
Mouches de drain / sciarides (petits moucherons, autour évacuations)Siphons, douche, évierBiofilm + matière organique + eau stagnanteNettoyage siphons/évacuationEntretien régulier + vérifier pente/siphon + ventilation
Cloportes (ovales segmentés, se roulent en boule)Cave, garage, bas de mursInfiltration / remontées / bois humideLocaliser zone humide, retirer débris/bois mouilléAssainissement structurel (étanchéité, drainage, ventilation cave)
Scutigère (longue, nombreuses pattes, très rapide)Cave, SDBHumidité + présence de proies (autres insectes)Réduire humidité + colmaterS’attaque indirectement via cause (humidité + proies)
Blattes / cafards (bruns, nocturnes)Cuisine, SDB, derrière électroménagerEau + chaleur + nourriture, risque sanitairePlan hygiène + suppression eau/nourriture + pièges de suiviTraitement ciblé + colmatage + assainissement + contrôle
Vrillette / xylophages (trous + poussière de bois)Charpente, poutres, parquetsBois trop humide + larves xylophagesNe pas “bricoler” au hasard, sécuriserDiagnostic bois + correction humidité + traitement professionnel

Cas fréquents

“Petites bêtes dans la salle de bain surtout la nuit”

Probables : poisson d’argent, blattes, scutigères.
À faire :

  1. vérifier condensation + joints noircis
  2. tester extraction (papier toilette collé à la bouche d’extraction VMC)
  3. assécher après douche, laisser porte entrouverte, nettoyage plinthes et dessous meubles
  4. colmater bas de cloisons, joints, passages de tuyaux

“Moucherons qui sortent du siphon”

Probables : mouches de drain / moucherons d’évacuation.
À faire :

  1. brosser siphon et parois accessibles (le “gras” = biofilm)
  2. eau très chaude régulière + nettoyage mécanique
  3. vérifier stagnation (pente, siphon encrassé)
  4. ventiler la pièce

“Poisson d’argent dans la chambre / placard”

Cause fréquente : humidité + cartons + poussière + plinthes/refuges.
À faire :

  • enlever cartons/papiers au sol
  • aspirer plinthes / dessous meubles
  • assécher placard (déshumidification) + circulation d’air

“Cloportes dans la cave après la pluie”

Cause fréquente : infiltration/sol humide.
À faire :

  • retirer bois, cartons, végétaux
  • améliorer ventilation cave
  • repérer point d’entrée d’eau (mur, sol, fissure)

Les endroits humides en extérieur

Dans ce cadre, certains équipements extérieurs, comme les bains nordiques extérieurs, créent un environnement plus humide que le reste du jardin lorsqu’ils sont utilisés fréquemment. Ce n’est pas un risque en soi, mais cela peut modifier la répartition des insectes selon la saison.


Plan d’action en 14 jours (sans insecticides, priorité à la cause)

Jours 1–2 : stopper le “carburant”

  1. Mesure : note hygrométrie + pièces concernées
  2. Eau : réparer toute micro-fuite (sous évier, WC, siphon, machine)
  3. Assèchement : aération courte et efficace (5–10 min, 2×/jour) + extraction après douche/cuisine
  4. Nettoyage : plinthes, dessous d’évier, siphons, zones noircies
  5. Nourriture : supprimer cartons humides, papiers, poussière accumulée

Semaine 1 : rendre le logement “hostile”

  • Ventilation : vérifier bouches VMC, nettoyer grilles, ne pas boucher entrées d’air
  • Déshumidification :
    • déshumidificateur électrique si > 60–65 % durablement
    • ou solutions passives (sel/charbon actif) pour placards
  • Moisissures : traiter les surfaces (cause + nettoyage), surveiller récidive
  • Colmatage : joints silicone, fissures, passages de tuyaux, bas de cloisons

Semaine 2 : casser le cycle de reproduction

  • Continuer siphons + assèchement
  • Installer pièges de suivi (collants discrets) dans zones stratégiques : utile pour vérifier si ça diminue
  • Recontrôler hygromètre : l’objectif n’est pas “parfait”, mais stable et plus bas qu’avant

Si au bout de 14 jours l’humidité baisse mais les insectes reviennent “comme avant”, c’est souvent le signe d’un refuge humide caché (doublage, isolant, vide sanitaire, bas de douche, mur froid).


Solutions alternatives à la désinsectisation “chimique” (et leurs limites)

1) Méthodes environnementales (les plus efficaces)

  • Ventilation + extraction vapeur d’eau
  • Déshumidification
  • Suppression sources d’eau et de nourriture (poussière, cartons, papiers humides)
  • Traitement des micro-moisissures et prévention de leur retour

2) Méthodes physiques / mécaniques

  • Aspiration régulière des zones refuges
  • Nettoyage des siphons (mécanique > “produit miracle”)
  • Colmatage (joints, fissures, passages de tuyaux)
  • Pièges de suivi (monitoring)

3) Terre de diatomée (utile mais pas magique)

  • Efficace en zones sèches de passage (plinthes, fissures).
  • Moins efficace si la zone reste humide.
  • Précautions : éviter inhalation de poussières (application fine, aérer, masque si besoin).

4) Huiles essentielles (dissuasif, rarement curatif)

  • Peut aider à dissuader, mais ne règle pas le problème.
  • Prudence si animaux domestiques et enfants (ne pas saturer l’air).

5) Bicarbonate de soude et vinaigre blanc.

Le bicarbonate est utile pour assainir. Le vinaigre blanc aide à retirer les moisissures, source de nourriture de certaines espèces.


Quand l’intervention professionnelle devient indispensable

Fais intervenir rapidement si :

  1. Blattes : risque sanitaire + colonisation rapide
  2. Xylophages (vrillettes/termites) : trous, poussière de bois, fragilité, bruit suspect
  3. Infiltration/remontées importantes : cloportes persistants + murs/cave humides
  4. Échec malgré assèchement : hygrométrie stabilisée mais insectes toujours présents → refuge caché

Un professionnel sérieux ne fait pas “juste tuer des insectes” : il confirme la cause, propose des corrections, et applique un traitement ciblé uniquement si nécessaire.

Si la population augmente ou si les blattes apparaissent en nombre, mieux vaut consulter un technicien qualifié comme ALLO FRELONS.
Cela permet un traitement durable ainsi qu’un diagnostic précis des causes d’humidité. Un insecticide professionnel pourra être utilisé de manière raisonnée et adaptée.


FAQ — Insectes d’humidité dans la maison

Pourquoi des insectes apparaissent-ils dans une maison humide ?

Parce qu’une humidité trop élevée crée un écosystème favorable : eau disponible, refuges (plinthes, doublages), et souvent micro-moisissures qui deviennent une source de nourriture.

  • Au-dessus de 60%, beaucoup d’espèces hygrophiles s’installent plus facilement.
  • La condensation (murs froids + air humide) crée des micro-zones humides invisibles.
  • Traiter uniquement l’insecte sans corriger la cause = retour quasi assuré.
Poisson d’argent : est-ce grave et que révèle sa présence ?

Le poisson d’argent (lépisme) est surtout un indicateur : il aime les zones sombres, humides et riches en papier/colles/poussières.

  • Souvent lié à : placards, plinthes, salles d’eau, cartons, bibliothèques.
  • À faire : assécher, aspirer les zones refuges, limiter cartons/papiers au sol.
  • Action durable : améliorer ventilation, traiter les micro-moisissures, colmater fissures et passages de tuyaux.
Ces “petites mouches” autour du lavabo viennent-elles des canalisations ?

Très souvent oui : ce sont des mouches de drain (ou moucherons d’évacuation) attirées par le biofilm (dépôt gras + matières organiques) dans siphons et conduits.

  • Le bon réflexe : nettoyage mécanique (brosse) du siphon et des parois accessibles.
  • Assainir : eau chaude régulière + entretien des évacuations.
  • Vérifier : stagnation d’eau, siphon encrassé, ventilation insuffisante dans la pièce.
Quel taux d’humidité viser pour éviter la prolifération ?

En logement, on cherche une humidité stable. Le risque augmente surtout quand l’humidité reste élevée sur la durée ou quand des zones froides condensent.

  • < 55% : zone plutôt saine (hors caves / micro-zones cachées).
  • 55–60% : à surveiller (ventilation, habitudes, points froids).
  • > 60% : terrain favorable (insectes + moisissures).
  • > 65% : risque élevé (prolifération + dégradation matériaux).

Astuce : mesure avec un hygromètre matin/soir et compare pièce d’eau, chambre et zone concernée.

La terre de diatomée fonctionne-t-elle contre les insectes d’humidité ?

Oui, mais surtout en zones sèches de passage (plinthes, fissures). Si la zone reste humide, l’efficacité baisse.

  • Application fine : dans les angles, derrière meubles, bas de cloisons (hors zones mouillées).
  • Précaution : éviter d’inhaler la poussière (aérer, application mesurée).
  • Le plus important : corriger l’humidité (sinon ça revient).
Comment se débarrasser durablement des insectes d’humidité sans insecticides ?

La méthode la plus efficace est une lutte intégrée : on enlève l’eau, les refuges et la nourriture, plutôt que de “pulvériser”.

  • Stopper l’eau : micro-fuites, joints, condensation, stagnations.
  • Ventiler : VMC fonctionnelle + entrées d’air non bouchées + extraction après douche/cuisine.
  • Assécher : déshumidificateur si > 60% durablement, solutions passives pour placards.
  • Nettoyer : siphons (biofilm), plinthes, dessous d’évier, zones noircies.
  • Colmater : fissures, passages de tuyaux, bas de cloisons.
Quand faut-il appeler un professionnel ?

Quand l’infestation devient structurelle, que l’humidité est cachée, ou quand il y a un risque sanitaire/bâtiment.

  • Blattes/cafards : colonisation rapide + risque sanitaire.
  • Xylophages (vrillettes/termites) : trous, sciure, fragilité du bois → diagnostic urgent.
  • Humidité persistante malgré ventilation/déshumidification : refuge humide inaccessible.
  • Cloportes récurrents : infiltration ou remontées à traiter à la source.

Un diagnostic pro valide aussi l’efficacité des corrections (VMC, assainissement, isolation) et évite les traitements inutiles.

Pourquoi j’en vois surtout la nuit ?

Beaucoup d’espèces sortent quand c’est calme et sombre. La nuit est donc un indice d’identification.

  • Blattes : souvent nocturnes, cachées la journée.
  • Poissons d’argent : fuient la lumière, se déplacent le long des plinthes.
  • Si l’activité est massive la nuit : mieux vaut mettre en place un plan d’action rapide.

Conclusion : le bon réflexe

Les insectes d’humidité sont souvent un signal d’alarme utile. La solution durable, c’est presque toujours :

  1. mesurer l’humidité,
  2. supprimer l’eau (fuite/condensation/stagnation),
  3. ventiler et assécher,
  4. nettoyer et colmater,
  5. traiter de façon ciblée seulement si nécessaire.

Dernière modification le février 17, 2026 par Guillaume Castagné